Chronikn'...

Errer [ere] v.i. (lat. errare) Qui ne se fixe pas, qui s’égare. Aller ça et là, à l’aventure, sans but (syn. vagabonder). Aller de côté et d’autre en parlant des choses. Passer d’une chose à l’autre sans se fixer : « laisser errer son imagination » (syn. vaguer).

 

 


Dimanche 18 mai 2008


  «
Notre
  vie
  n'es
         pas
     derrière
  nous,
  ni avant,
   ni maintenant,
     elle
          est
    dedans
»

Jacques Prévert









par alf publié dans : dixit'land
commentaires (0)    ajouter un commentaire

Jeudi 15 mai 2008


Elle transformait
tout ce qu'elle touche




...en or

par alf publié dans : Le crobard-du-lundi'land
commentaires (5)    ajouter un commentaire

Dimanche 11 mai 2008














par alf publié dans : pictures'land
commentaires (1)    ajouter un commentaire

Samedi 10 mai 2008

Ce 10 mai, une manifestation a lieu à Bruxelles, à la mémoire d’un homme, Ebenizer Folefack Sontsa, décédé quelques jours après avoir résisté à une tentative d’expulsion de la Belgique vers le Cameroun. Il a été retrouvé pendu au centre fermé de Merksplas, où les autorités judiciaires ont conclu à un suicide.

Serge Ngajui Fosso, quant à lui, a passé quelques heures en cellule à l’aéroport de Zaventem pour avoir manifesté son incompréhension et son opposition lors du vol transit qui devait l’amener à Kinshasa et ramener le sans papier. Il n’avait pas pu s’empêcher de réagir face aux scènes de violence physique dont il a été le témoin. Mal lui en a pris, voici son récit. « Brussels Airlines, flying your own way »…

«... 

De: Serge NGAJUI FOSSO >

 

Bonjour à tous, Je vous envoie ce message de Mons en Belgique. J'y suis arrivé hier 26 avril 2008 peu après minuit et après avoir été expulsé violemment du vol de SN Bruxelles Air Lines à destination de Kinshassa via Douala et gardé en cellule à l'aéroport de Bruxelles de 11:00 à 22:00 sans manger, ni boire et sans pouvoir contacter ma famille. Petit compte rendu: Nous sommes le 26.04.2008, je me rends au Cameroun pour mes vacances. Je pars de Clichy à 5:30 en taxi pour CDG1. Je pars de Paris à 7:40 pour Bruxelles avec un vol SN Bruxelles Air Lines et doit prendre la correspondance pour Douala à 10:40 à l'aéroport de Bruxelles. Lors de mon entrée dans l'avion entre 10:00 et 10:45, je suis bien accueilli par les hôtesses, je vais rejoindre mon siège, le N° 41H qui se trouve vers le fond de l'avion, à 5 ou 6 rangées de mon siège.

Lorsque j'y arrive, il y a au fond de l'engin à la dernière rangée des hommes habillés en tenue grise et qui essayent de maitriser un homme de couleur noire. Celui-ci se débat et crie : « Au secours, laissez moi, je ne veux pas partir». Les hommes en gris essaient de l'empêcher de parler en l'étouffant. Le jeune homme se débat comme il peut et continue de crier car il y a sur lui 4 colosses en gris. D'autres policiers en civile ont établis un périmètre de sécurité et personne ne peut aller vers le lieu du drame qui se déroule sous nos yeux. Je me rends compte que c'est une expulsion, l'homme que l'on expulse est toujours maitrisé et étouffé et pousse des cris que l'on n'entend plus bien. Je me souviens alors de Semira Adamu, une jeune nigériane qui était morte en septembre 1998, il y a 10 ans lors d'une expulsion similaire à celle qui se déroule sous mes yeux dans un avion Sabena. Que dois-je faire ?

Rester sans rien dire comme les autres ? Agir ? En tant que militant des droits de l'homme et des étrangers, je me lève, interpelle l'hôtesse la plus proche de moi proteste en lui disant fermement et à voix haute que ceci est un vol commercial et que je ne saurais voyager dans ces conditions. D'autres passagers jusque là restés calmes se lèvent et protestent à leur tour. Je filme comme d'autres passagers la scène avec mon appareil photo. Devant cette protestation générale, les hommes en gris quittent l'avion avec leur passager. Quelques minutes plus tard, des policiers montent dans l'avion, trois personnes sont désignées par les policiers en civil, je suis parmi elles. Les policiers nous demandent de quitter l'avion, lorsque je pose la question pourquoi, ils se jettent sur moi, menottes aux mains, coups par ci par là, je saigne, je suis trainé dans les couloirs de l'avion et puis dans les escaliers avant d'être jeter dans un fourgon de la police sans mes 2 valises en soute et ma petite valise de cabine. J'ai quelques bobos sur le visage et les mains blessées par les menottes. De ce fourgon, je remarque qu'une policière a mon appareil photo dans la main et visionne certainement mon petit film de la scène de l'avion. Une dure et longue journée commence pour moi sous les insultes et les maltraitances des policiers qui m'emmènent au cachot de l'aéroport de Bruxelles.

A 13:35 la police nous libère, nous sommes 2 à ce moment un autre camerounais qui était dans la bande des trois expulsés et moi. Je n'ai plus vu le troisième, un homme de couleur blanche. Au moment de notre libération, la police nous informe que nous ne voyagerons plus pendant les six prochain mois avec la compagnie SN Bruxelles Air Lines. A la question de savoir comment nous allons faire pour nous rendre au Cameroun, la police nous renvoie vers la compagnie. Avec mon compagnon d'infortune, nous nous y rendons. Nous demandons à rencontrer l'un des responsables de la compagnie, on nous indique que le responsable de la sécurité de la compagnie arrivera bientôt. Nous patientons, j'ai une pensée pour ma petite fille qui m'attend à Douala avec impatience et enthousiasme et qui certainement sera très déçue de ne pas me voir.

Je suis en colère, très en colère. La responsable de sécurité de la compagnie arrive et nous informe que nous avons tous les 2 étés fichés dans la liste noire (pas blanche) de la compagnie et ne pourrons plus voyager avec elle pendant les 6 prochains mois. Je lui demande alors comment nous faisons dans ce cas pour arriver à Douala. Elle m'indique que c'est à nous de voir et que la compagnie ne nous remboursera pas.

Après ces mots, ma colère monte, mon ton aussi, je signale a cette dame que je n'ai pas de problème si je ne voyageais plus jamais avec SN Bruxelles Air Line, mais que je souhaite rentrer à Paris et surtout me faire rembourser car la compagnie n'a pas rempli son contrat.

Mon ton est haut mais courtois les passants nous regardent, la dame appelle la police qui vient et me ramène cette fois seul au cachot. J'y resterais jusqu'à 22:00 sans manger, ni boire et ni contacter ma famille. Mon neveu qui habite Mons est contacté et arrive avec son épouse entre 21:00 et 22:00. Les policiers m'informent de leur présence et m'indiquent que je suis libre de rentrer avec eux. Je leur dis que je ne comprends pas pourquoi j'ai été en cellule toute la journée dans ces conditions et que je ne souhaite pas la quitter avant qu'une solution ne soit trouvée à mon problème : partir à douala ou rentrer sur Paris et être remboursé.

Des explications se font de part et d'autres, les policiers souhaitent que je quitte la cellule et moi je souhaite y rester, ce qui visiblement ne les satisfait pas. Les policiers décident donc de me sortir de la cellule par la force, me remettent mes affaires, je refuse de les prendre. L'un d'entre eux me menace, me tient par le cou et me pousse hors de leurs bureaux et me balance mes affaires sur la figure, je m'en vais sans les ramasser. Mon neveu et son épouse me rejoignent je suis une fois de plus en colère, très en colère de tout ce qui se passent. Je leurs demande de rentrer à la maison, ils refusent évidemment. L'épouse de mon neveu va voir l'un des policiers qui lui donne mes affaires et des informations sur les démarches que je devrais faire. Elle revient avec mes affaires, il y manque mes lunettes de soleil Ray Ban et en plus la vidéo de la scène dans l'avion a été effacée de mon appareil photo, sûrement par les policiers qui m'ont interpelé.

Une preuve vient d'être détruite, heureusement pas toutes car d'autres passagers ont filmé la scène. Je suis toujours en colère, très en colère, je pense à ma petite fille pour qui j'ai exceptionnellement pris mes congés, je suis en colère parce que ces derniers jours ont été éprouvants professionnellement, physiquement et moralement. Je suis en colère, très en colère parce que je suis du genre calme, courtois et surtout pas violent. Or toute cette journée, j'ai été traité avec mépris et violence parce que j'ai été un moment la bouche d'un malheur qui n'avait point de bouche, parce qu'en protestant dans l'avion, je suis allé au secours d'un être humain qui était maltraité et qui demandait du secours.

Je suis en colère parce que je suis fatigué et que je souhaitais prendre quelques semaines de repos et aller passer du temps avec ma petite fille. Je ne sais pas quand et comment je me rendrai au Cameroun. Je ne sais pas au moment où je vous écris où sont mes valises. Avec patience mon neveu et son épouse m'ont convaincu de les accompagner chez eux à Mons. Nous avons demandé une attestation indiquant que j'étais en cellule de 11:00 à 22:00, le policier de faction a eu la gentillesse de m'en donner une en Néerlandais. Nous sommes arrivés à Mons peu après minuit. J'avais des douleurs partout, sur le visage, les bras, les doigts au dos et une très grosse faim, j'ai mangé sans appétit et je suis allé me coucher.

Ce matin, je suis un peu plus calme, j'ai encore quelques douleurs aux doigts, aux bras et au visage. Je vais me rendre à Bruxelles pour me faire signifier officiellement que je suis sur la liste NOIRE de la compagnie, que je ne voyagerai plus avec cette compagnie et que je ne serai pas remboursé. J'espère également retrouver mes valises dans l'état où je les avais confiés à la compagnie. Une autre dure journée va commencer, comment se terminera-t-elle ? Je n'en sais pas grand-chose pour le moment. Je peux simplement préjuger qu'elle ne sera pas facile car je ne compte pas laisser passer cette histoire sans réagir. Je vais faire un appel à témoins et engager une action contre SN Bruxelles Air lines.

On en reparlera. Sur ce, je vous souhaite un bon et agréable dimanche. Prière diffuser largement ce message. A bientôt ! Et mon combat continue. Serge N FOSSO +33626710385  ... »

Voir le reportage télé sur ce sujet, diffusé sur la RTBF

 Un collectif s’est constitué la mémoire de Folefack

 

 

 

 

 

 

par alf publié dans : squat'land
commentaires (2)    ajouter un commentaire

Samedi 3 mai 2008









Nick Cave,
sans son
éternel
costume...
et sans
l'étrange
moustache
en fer à cheval
qui lui donne
aujourd'hui
un air de
Cabaleros





C’était le 1er mai sur la scène de Forest National à Bruxelles. Deux heures durant, ils ont déversé les tonnes de décibels salvatrices: de celles qui vous remettent les tympans en place et les idées bien au clair. Si vous manquiez de hargne, de rage et d’excitation ces derniers temps, alors j’espère que vous y étiez, comme moi, à Forest, avec Nick Cave et ses Bads Seeds.

Un célèbre magazine de rock & de folk publie chaque année les courriers de lecteurs ayant pour point commun la même marronnerie mord-moi-l’neu-neu : « Etre rock en 200...8, c’est quoi pour vous? ». Avec Nick Cave, plus besoin de poser la question. Et si je ne sais toujours pas ce que c’est « être rock en 2008 » - à vrai dire, on s’en tamponne le nombril avec une pince Monseigneur, non? - je sais ce qu’est le rock avec Nick Cave.

Avec lui, le Rock se f(a)it chair. Et cette chair-là - ce grand corps maigre qui se glisse depuis des lustres dans un éternel costume gris sombre et une chemise blanche col 70’s - cette chair-là donc traduit dans la musique et le jeu de scène qui lui sont propres les affres de la nature humaine. Entre noirceurs profondes et éclairs de lumière.

Sa musique, ses chansons, ses textes, son attitude nous ramènent sans cesse et depuis le début, aux « fondamentaux » de l’homme postmoderne. Naviguant entre ses tiraillements internes - fantasmés ou réels - , Cave réussit à traduire ceux-ci en mots, en sons, en contorsions physiques. Tout y passe : de la nature profonde de l’homme - du mâle en particulier - à son rapport à l’autre - aux femmes, souvent ; il aime à remuer là où ça rape, ça irrite, ça grince en évoquant pêle-mêle l’instinct, la sauvagerie, la violence, le destin, le hasard, le désir de puissance, la civilisation dans ce qu'elle a de pathétique et ridicule, la religion, Dieu, la nature corruptible de l’homme, la force du sexe, la folie, la Mort, la sainteté, les limites de la liberté…

Le tout dans une écriture qui varie, de disque en disque, avec concision ou dans la logorrhée, avec intelligence toujours, humour sous-jacent, très souvent. Et aussi en aimant à se glisser dans la peau de personnages pas toujours recommandables mais avec cette distance qui le différencie d’un Bowie par exemple. Nick Cave, c’est l’Ancien et le Nouveau Testament réunis. Mais pas sur le même disque. C’est l’Enfer et parfois la promesse de quelque paradis.

Jeudi soir à Forest National, le répertoire fut surtout axé sur les deux derniers albums, agrémenté de beaux moments furieux d’hier aussi : Deanna, Red Right Hand, Stagger Lee, Papa won‘t leave you Henry…, et de quelques rares éclaircies plus douces : The Ship Song, Into my Arms… Un Nick Cave en grande forme, déchaîné comme une puce, rigolard même, et qui persiste à porter cette moustache en fer à cheval qui lui donne un air de Cabaleros en mal de mauvais coup.


Pour la discographie, comment ne pas vous renvoyer vers le barnumesque rékapituléidoscope d’un fan absolu, Thom? C’est à lire ici (après celui consacré à NiN).

Et aussi à la critique de G.T. relative à l’album et au concert marseillais du 26 avril,

 

   

par alf publié dans : music'land
commentaires (4)    ajouter un commentaire

Samedi 26 avril 2008

Sa crinière est blanche, les reflets de ses cheveux bleutés, la peau de son visage, quant à elle, trahit les gerçures de la vie et la rudesse de la bise qui, parfois, vient le narguer dans son occupation préférée. Il a des airs de vieux capitaine resté à quai, un peu perdu. Un capitaine dont l’âge pourrait bien flirter avec les 90 printemps.


Chaque jour que Dieu lui prête, il fait la ronde dans le quartier, armé de son inséparable compagnon: un balai. Un balai à l’ancienne, fait de joncs serrés. Un balai de sortilèges et de voyages vers des Sabbats improbables. Le même que celui de Mickey dans Fantasia. C‘est lui qui en a hérité et il ne le lâche pas, le bougre. Que du contraire: il quadrille, il délimite, il avance, d’un bout de trottoir à un autre, avec son balai en mouvement perpétuel. Et à son rythme : lentement.


On le croise habillé toujours pareil. Avec ce pantalon de flanelle gris qui a vécu lui aussi, et qui tient sans doute par une vieille ceinture ou un bout de ficelle. Les bords de son falzar viennent caresser le cuir usé de ses pantoufles. La chemise est toujours à carreaux, comme celle d’un vieil Américain qu’il n’est pas… manches courtes obligatoires, qu’il fasse soleil ou qu’il vente. Et puis, il y a ce sourire fatigué qui s’est figé sur son visage, et qui respire la douceur.


Légèrement penché vers l’avant, il semble ne faire qu’un avec son ustensile de prédilection, sorte de prolongement corporel qui lui donne sa raison d’être. Sa raison d’être là en tous les cas, le long des trottoirs de ce quartier bourgeois.


Car donc, tous les jours, il balaie. De boite aux lettres en boite aux lettres, d’arbre en arbre, de poubelle en poubelle, il ratisse, ramasse, pousse la poussière, les papiers, les crottes des médors du coin. De rue en rue. A son rythme, mais avec méthode. Et avec art. Car on pourrait croire qu’il dessine, voire qu’il caresse de son balai-pinceau la rue, telle une toile. Avec des gestes de vieil asiatique pratiquant une mystérieuse gymnastique. Ou traçant des jardins zen.


Il a le dos un peu voûté, la tête légèrement de biais, qui balance elle aussi mais du sol vers l’horizon de la rue. Au point que j’ai cru un moment à une… tactique de sa part. Vu le nombre de jeunes femmes qui passent dans le coin - quartier estudiantin oblige - je l’ai soupçonné un moment d’en profiter pour mater les chutes de reins des belles, de scruter les dodelinements de croupe en quête d’un peu de vertige. A l‘observer encore, je crois finalement, que je projetais un peu…


Son petit manège quotidien ne laisse pas indifférent les passants. Dans les regards qui croisent son chemin, on lit de l’étonnement, toujours, de l’admiration parfois. Imaginez, « à son âge, il travaille encore… et gratuitement en plus! ».


Hier soir, à l’heure de pointe, le vent s’était mis à souffler et la pluie à tomber dru. C’est à ce moment précis qu’il a entrepris de balayer le passage pour piétons du carrefour. La houppe de cheveux s‘effilochant vers le ciel, balai en avant, poignets vrillés sur le manche. Figeant pour quelques secondes interminables l’agitation des navetteurs, bloquant le balai des voitures avec le sien.


Et - ô miracle - sans provoquer un seul coup de klaxon...

 

par alf publié dans : Poètes de la rue
commentaires (2)    ajouter un commentaire

... what?

 Page d'accueil - boarding !  

*

**

***

Musique

Actualité

Errances

Etrange lucarne

Bribes de mémoire

Bruits de la rue...

Un no man’s land

pour quelques

petits trucs: 

textes

collages

photos

gribouillis

***

Regards métisses

Métissages complices

**

"Qu'un sang

impur abreuve

nos passions"

*

 

 

 

 

 

 

 

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus