Histoires courtes & rimes à siffloter


Jeudi 11 décembre 2008

3 ans sans clopes
Très vite, elle ne m'a pas manqué…
Aujourd'hui, elle revient
me titiller les narines
de loin
Me picoter à nouveau
les papilles gustatives...
Je n'ai pas craqué, non
Mais...
 
Le moment de se rappeler
pourquoi on avait arrêté...
A l'époque j'avais écrit
une petit truc, genre chanson
pour se donner du courage
L'occasion de s'en souvenir…

 

NB

La dernière partie (en italique)

étant une application (très basique)

 de la méthode Coué 

;-)…

 

 
 

Quand on fumera pas

 

Qu’est-ce qu’on f’ra

Quand on fumera pas…

De nos cuirs

De nos dix doigts?

 

Quel poison on s’inject’ra

Dans les poumons, dans les artères

Pour avoir l’air…

… l’air qu’on n’a pas?

 

Qu’est-ce qu’on f’ra

Quand on n’aura

Plus rien à s ‘coincer…

Entre nos p’tits doigts musclés?

 

Quand l’ennui s’install’ra

Qui faudra l’temps, tuer…

Qu’est-ce qu’on va bien

Pouvoir brûler?

 

Assis aux terrasses des cafés

On pourra plus s’cacher

Derrière la fumée…

Pour r’garder les filles passer

 

Quand on pourra plus

L’horloge arrêter

En mettant ses « 2 »…

En f’sant son briquet, cliqu’ter

 

Qu’est-ce qu’on f’ra

Quand on fumera pas…

De nos cuirs

De nos dix doigts?

Hein… ?

Qu’est-ce qu’on f’ra

Quand on fumera pas…

De nos cuirs

De nos dix doigts?

 

T’inquiète, on va trouver

J’connais des milliers

D’pommes à  croquer

 

J’peux t’dire qu’on va pas s’priver…

De s’enfuir, de s’évader

De s’donner des airs inspirés

De toutes les jupes mater

D’niquer l’ennui toute la journée…

Quand on aura viré

Les cigarettes

Les allumettes
Le cendrier
 



Par alf
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Mercredi 9 avril 2008


























Tu parles, tu parles

Les mots s’emballent, les mots s’entêtent
Rien ne t’arrête, ni hommes ni bêtes
Le ton tu hausses, tu râles
Dans un verre d’eau, tu tempêtes


Tu parles, tu parles

Du vent tu bouges, du venin tu injectes
Ta salive, tu avales
Jamais tu mets les voiles, jamais tu t’émiettes
Du temps tu prends, pour perpette


Tu parles, tu parles

Et tu t’étales, un rien t’embête
Les mots se font la malle, de ta tête
Le verbe haut, tu crânes
Deux fois, trois fois, tu t’répètes


Tu parles, tu parles

Des jours et des nuits, tu mitrailles
Tous contre le mur, un mot qui fait mal dans la tête
Jamais tu bailles, jamais tu t’arrêtes
Comme un ouragan, au-dessus de la planète


Tu parles, tu parles

Encore et encore, tu t’écailles
L’éponge, jamais tu ne jettes
Le fiel te tiraille, les autres tu rejettes
Mets ta cote de maille, t’es pas à la fête


Mets ta cote de maille, t’es pas à la fête…
Non, pas à la fête…pas à la fête…
…pas à la fête…pas à la fête…
…pas à la fête…pas à la f… (etc)



Par alf
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Dimanche 27 janvier 2008

tourn---en-rond-copie-1.jpg






















J’ai pris la route
Comme Jack Kerouac
Tourné en rond
Les pieds dans l’lac


Du plomb dans l’aile
Rien dans mon sac
Que des bouts d’elle
Qui m’restent en vrac


J’cherche une highway
Pour les étoiles
Pour léviter
Pour mettre les voiles


Toujours plus loin
Là-bas, nulle part
La où les trains
Evitent les gares


Une vie trop long
Une vie trop court…
Une vie trop con
Une vie trop lourd…


L’éternité
J’l’avais gagnée
Dans un sourire
Qui s’est barré


D’puis l’temps s’épuise
A m’dessiner
Les rides du mec
Qui a trop glandé


J’suis comme Sisyphe
Le nez en l’air
A toujours pousser
Ma p’tite pierre


Mais l’éternité
Je n’en ai cure
Car glander, c’est
Ma vraie nature


Une vie trop long
Une vie trop court…
Une vie trop con
Une vie trop lourd…


N’empêche, c’est vrai
Je donnerais cher
Pour regoûter
Le goût amer
De ce sourire
Si caressant


Pour regoûter
Le goût absent
De son sourire
Juste un instant


J’ai pris la route
Comme Jack Kerouac
Tourné en rond
Les pieds dans l’lac


Du plomb dans l’aile
Rien dans mon sac
Que des bouts d’elle
Qui m’restent en vrac



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Samedi 17 novembre 2007


rien-ne-l-arrache-002.jpg


























Mon regard fait des huit
Quand elle chaloupe

Il suffit qu’elle se penche
Et ma gorge s’assèche

Son parfum, je l’inhale
Comme on sniffe une ligne

Mais jamais rien ne l’arrache
A cette indifférence
Qu’à mon visage elle crache


Sous sa rangée de cils
Deux yeux… qui me harcèlent

Comme un diamant brut
Son grain de beauté… sur la nuque

Dans sa chemise ouverte
Deux seins… qui me provoquent

Mais jamais rien ne l’arrache
A cette indifférence
Qu’à mon visage elle crache


Dans ses yeux, ce brin de malice
Qui me blesse

Dans ses mots, cette absence de tendresse
Qui me froisse

Et quand elle parle de ses ex-
C’est mon cœur… qu’elle malaxe

Car jamais rien ne l’arrache
A cette indifférence
Qu’à mon visage elle crache

Non jamais rien ne l’arrache
A cette indifférence
Qu’à mon visage elle crache


Mon regard fait des huit
Quand elle chaloupe

Il suffit qu’elle se penche
Et ma gorge s’assèche

Son parfum, je l’inhale
Comme on sniffe une ligne

Mais jamais rien ne l’arrache
A cette indifférence
Qu’à mon visage elle crache

Par alf
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Vendredi 5 octobre 2007

viens-te-m--tisser.jpg


















Viens te métisser
Tends-moi la main
Prends-moi


Allons nous promener
Sur la frontière
De nos différences
Secondaires


Viens te métisser
Prends-moi la main
Tends-moi


Je voudrais m’immiscer
Au carrefour
De tes mystères
Atteindre tes bordures
Me perdre
Dans tes lisières


Viens te métisser
Tends-moi la main
Prends-moi


Laissons nos pelures
Au vestiaire
J’ai tout à y gagner
Alors…
Aide-moi
A perdre le Nord…
A prendre le Sud…


Mélangeons nos peaux
Couleur chair
Qu’un sang impur
Abreuve
Nos rivières


Viens te métisser
Tend-moi la main
Aime-moi

Ton sourire
Sera
Mon trésor
De guerre


Par alf
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Mercredi 12 septembre 2007

et-tout-s-arrange--2-.jpg

 


























Surtout ne jamais s’impliquer
Toujours savoir hauteur garder
Avoir l’air, sans y toucher


Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Les affaires terrestres sont étranges
Un Gin tonic? Un Baccardi?
Soyons futiles et tout s’arrange


Mieux vaut apprendre à slalomer
S’faire oublier, queue d’poissonner
Histoire de pas se faire plumer


Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Apéricubes? Vodka orange?
Dandinons-nous et puis tant pis
Soyons futiles et tout s’arrange


Jamais l’émotion n’allumer
Pour soi, garder ses p’tits secrets
Montrer les dents, resté paré


Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Gommer la houpe, coiffer la frange
Un Malibu ou un Brandy?
Soyons futiles et tout s’arrange


Parfois un ou deux mots lâcher
Donner des gages d’fiabilité
Question de pas s’faire repérer


Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Pour toi c’est tous les jours dimanche
Un bout d’fromage? Un zakouski?
Soyons futiles et tout s’arrange


Plutôt à trois fois y r’garder
Le verbe aimer n’pas conjuguer
Choisir de se faire vacciner

Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Vernis à ongles, combi étanche
Bloody Mary ou Martini?
Soyons futiles et tout s’arrange


Surtout ne jamais s’impliquer
Toujours savoir hauteur garder
Avoir l’air, sans y toucher


Dis-moi dandy, qu’est-ce que t’en dis?
Tous vers l’inanité, on penche
Redbull, Whisky ou extasy?
Soyons futiles et tout s’arrange

Par alf
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Vendredi 20 juillet 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les révoltés du Bounty

En ont marre des sucreries

Caramels mous et Compagnie

C’est fini!

 

Les révoltés du Bounty

Ont voté pour l’anarchie

Les trésors de pacotille

On oublie!

 

Sur cette galère

Ils vendront cher

Leur audace à la Fletcher

Et sur la grande vergue

Ce sera l’grand soir…

Pour tous les capitaines Bligh

De bazar

 

Les révoltés du Bounty

Vont bouter l’feu à la vie

TV, dollars et mise à prix

On recommence tout

Qu’on vous dit!

 

Les révoltés du Bounty

Ont mis l’cap sur New Délits

Les faux prophètes, les faux amis

Seront à fond d’cale pour la vie!

 

Sur cette galère

Ils vendront cher

Leur audace à la Fletcher

Et sur la grande vergue

Ce sera l’grand soir…

Pour tous les capitaines Bligh

De bazar

 

Les révoltés du Bounty

En ont marre des sucreries

Caramels mous et Compagnie

C’est fini!

 

Les révoltés du Bounty

Ont voté pour l’anarchie

Les trésors de pacotille

On oublie!

 

Par alf
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Mardi 15 mai 2007

Patate, c’est mon chien... Un Basset artésien, jovial et un peu pataud d‘où son surnom. La petite trentaine - si on compte en âge humain - bref, en pleine possession de ses moyens. On ne peut pas affirmer qu’il ait inventé la poudre, Patate, mais lui et moi on s’entendait comme larrons en foire. D’ailleurs, depuis que Monique était partie, on faisait tout à deux. Ou presque. Mais jusque-là, dans le couple, c’était moi qui portais la culotte. Et puis, et puis… tout a basculé.

Quand j’y repense, tout a commencé un peu avant le premier tour. Lui qui jusque-là regardait la télé d’un œil distrait, oreille en berne et truffe en mode ronflement, il a imperceptiblement modifié ses petites habitudes. Le Patate, à la base, il s’endormait peinard, en début d’après-midi, quand Derrick en était à son cinquième coup de fil… Et on refaisait au quotidien le concerto pour Scies en Sol Majeur, jamais à court d’inspiration pour tomber, bras dessus bras dessous, de Derrick en Morphée…

Ca a dû arriver par hasard, un après-midi. En se réveillant, Patate avait fait tomber la télécommande. Quand, à mon tour, j’ai émergé, je l’ai vu les yeux fixés sur l’écran, tel un moustique hypnotisé par le rayonnement d’un halogène. La TV était subrepticement passée de TF1 à la 5 et l’émission programmée s’appelait « C’est dans l’Air ». Une émission politique. Du jamais vu dans mon trois pièces. J’ai glissé jusqu’au frigo, ouvert une chope et on a regardé ensemble.

Finalement, ces élections, ça nous a un peu changé les idées. Toujours la même chose à la télé, ça finit par lasser. Alors, je me suis pris au jeu. Tous ces débats d’idées, ces émissions d’analyses, ces directs rue de Solferino ou dans les banlieues, moi ça m’a plu. Faut dire, depuis trois ans que j’étais au chômage, je commençais par tourner un peu en rond. J’avais tendance à me laisser aller. Monique, d’ailleurs, n’avait pas supporté. Elle avait conclu notre histoire en prenant ses cliques et ses claques et puis… « Bonsoir Thérèse, je me barre! ».

Disons que cette élection présidentielle, c’était du pain bénit pour Patate et moi. On se sentait enfin dans le truc, on parlait de nous, les damnés de la Terre, « ces 10 % de miséreux qui se battent pour vivre dans la dignité » comme ils disaient plus ou moins tous pareils, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Et dans le lot, le petit excité de l’UMP n’était pas le dernier à nous caresser dans le sens du poil. Le plus étonnant, c’est qu’avec son mètre cinquante et sa tête de Guignol, ce dernier avait plutôt l’air de plaire à Patate.

Ca n’est pourtant pas arrivé en une fois... Mais après quelques passages chez PPDA, et un paquet de reportages sur le candidat UMP, Patate a fini par l’intégrer complètement. Jusque-là je ne me suis pas trop inquiété. Par contre, lorsque, rien qu’en entendant la voix de Sarko, il s’est systématiquement mis à baver et à s’exciter comme un fou en haletant de plus belle, je dois avouer que ça m‘a mis la puce à l‘oreille... Pour être honnête, j’en ai même éprouvé un peu de jalousie. Puis l’étonnement a fait place à la stupéfaction : dès que Sarko apparaissait et ouvrait la bouche, Patate écoutait, quasi religieusement. Et si jamais j’avais le malheur de zapper, il grognait l‘animal !

Patate m’a ensuite fait bien d’autres caprices. Comme de snober sa gamelle, par exemple. Les boulettes produits blanc que je lui fourguais depuis des années, sans état d’âme, eh bien Môssieur n’en voulait plus. Au magasin, il s’arrêtait systématiquement devant des marques, en me faisant le coup du gentil toutou à son maî-maître qui fait le beau. Et devinez quelle marque il me réclamait dorénavant ? Je vous le donne en mille: du Royal Canin!

Ca n’a fait qu’empirer. Alors que jusque-là Pato et moi on pratiquait la grasse mat’ – oui, à sa plus grande joie je l’avais rebaptisé Pato – voilà que maintenant il aboyait dans mon oreille sur le coup de 5h30 du matin. Bon sang, mais c’est bien sûr, me suis-je dit, le message est clair : il me provoque avec « La France qui se lève tôt », « La France qui travaille dur ! ». Il fallait alors que je lui allume la télé. Pato s’arrangeait pour changer tant bien que mal les chaînes en mordillant la télécommande pour zapper de journaux d’info en flashs, en quête de sa ration de Sarko. Je ne vous dis pas le jour où il a vu les images de la fameuse poignée de main à George Bush, la joie du pépère!

Par contre, je n’ai aucun souvenir du moment précis où il a entendu le candidat parler de racaille. Mais visiblement, les images avaient dû le marquer. Je précise que j’habite en banlieue, dans un bloc HLM. C’est là que les choses se sont vraiment gâtées. Il devenait de plus en plus difficile de sortir du HLM sans que les ennuis ne se pointent. Dès que Pato repérait un gamin à capuche vissée sur le crâne ou à casquette retournée sur le melon, il avait une foutue tendance à le courser et à lui aboyer dessus. Attention, je n’ai pas dit que Pato était devenu raciste hein, non! Mais disons que les autres avaient tendance à le croire. J’étais devenu au mieux la risée du quartier – imaginez… un Basset artésien qui se prend pour un Berger allemand! – au pire, un « enc… de sa mère avec son Pit-bulllll ».

Est arrivé le second tour. Croyez le ou non, j’ai croisé les doigts pour que ça soit la Ségolène qui l’emporte. J’escomptais une solide dépression du clébard et tout rentrerait dans l’ordre. Mais au fur et à mesure des sondages, Pato remuait la queue de plus belle.

Je vous épargne l’épisode de l’isoloir. Autant vous avouer que je n’ai pas trop eu le choix pour voter, pour éviter le scandale. Pato avait même réclamé que je le prenne dans les bras, histoire de vérifier la teneur de mon bulletin. La soirée du 7 mai fut épique. Pato a réclamé quatre fois du Royal Canin et a fini par s’endormir gavé mais heureux, en écoutant la Marseillaise hurlée par Mireille Matthieu, place de la Concorde.

Le lendemain fut plus dur: comment expliquer à un Basset artésien que le nouveau président de la France s’était barré fissa pour plusieurs jours sur un yacht de milliardaire dans une baie de Malte? Heureusement, Pato a la mémoire courte. Et Sarko est vite revenu.

La suite est un peu pénible à raconter : hier en sortant Pato, on a croisé un joggeur. Un petit trapu, légèrement hâlé… Vous me voyez venir, hein? Pour un homme, la confusion serait impossible, mais pour un Basset artésien, bigleux comme une taupe, pensez! Je n’ai même pas eu le temps de m'en rendre compte, Pato était déjà parti comme une balle, droit sur le type. Il lui a sauté sur la jambe en s’excitant comme un dératé et en hurlant comme une sirène de flics! Le type a pris peur - parfois il est difficile de faire le distinguo entre passion extrême et rage totale - et il s’est débattu tant bien que mal en lui donnant des coups de pied. Pato, surpris, a eu un réflexe malheureux. Il a mordu. Quatre points de suture dans le short… Les flics qui passaient dans le coin n’ont rien perdu de la scène. De mon côté, mon sang n’a fait qu’un tour quand ce type s’est mis à varapper mon clebs à coup de tatane de jogging. J’ai foncé à l’aide de Pato et j’ai distribué quelques coups, façon Zidane, moi aussi.

Ce matin, je passe en comparution immédiate après une nuit au Poste. C’est triste à dire, mais le seul avantage de cette histoire... c’est que Pato a vraiment cru que le joggeur c’était Sarko. Et il en est dégoûté à vie ! Dans cinq ans, je crois que je pourrai enfin voter Besancenot, tranquille…

Par alf
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