actu' land


Samedi 12 septembre 2009

Cette nuit, miss J s’est réveillée sur le coup de 4h du mat’. Ca n’a pas manqué, elle a lâché la fatidique petite phrase qui tue : « mamaaaan , un bi-biiiiiiii… ». Com d’hab, j’ai rejoint la cuisine tant bien que mal, pour lui préparer sa mixture au galop, j’ai filé fissa le biberon à sa mère puis j’ai rejoint la couette pour finir mon rêve. 5 minutes plus tard, j’entends un « pôa bon! » lâché dans la chambre d’à côté. Une bagarre s’en suit entre la mother et l‘enfant. Cris, négociations, menaces. Un quart d’heure de concert à une voix. Puis plus rien. Tout redevient calme. Mais pour moi, plus moyen de dormir…

Me voilà donc devant l’ordinateur, en train de pianoter sur le blog pour y mettre un peu d’ordre en vue d’un ultime papier. Je retrouve quelques vieux articles postés d’autres nuits… Et je m’arrête sur celui intitulé « Le regard de Willy dans la nuit »  publié un 9 décembre 2006. J’en viens à me demander, pour les besoins d’un titre (toujours pour ce prochain post) si notre Willy a atteint le cap des cent printemps? ‘Un centenaire, bon pied bon œil’, ça pourrait le faire pour évoquer le photographe. Rapide tour sur Wikipedia: non, Willy Ronis est né en 1910. Par prudence et par superstition (je ne sais pas quand je publierai le fameux post suivant) je tape « Un presque centenaire bon-pied bon oeil ». Satisfait, je clôture l’affaire puis vais me coucher.


Quelques heures plus tard, je rallume la bête et vais voir les titres du Libé en ligne. Et là je tombe de ma chaise. C’est le premier gros titre du jour : Le photographe Willy Ronis, doyen des photographes français, s’est éteint samedi à l’âge de 99 ans. J’avais eu le plaisir de le rencontrer lors d’un vernissage et puis surtout chez lui. Rencontre inoubliable. Encore plus aujourd’hui...





Par alf
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Vendredi 30 janvier 2009

Pas trop le temps d’écrire, ni l’envie,
peut-être, ces derniers temps…

Alors, en cette époque de CAC 40 qui flambe, de bourses qui se dégonflent, de banques qui se dévalisent, d’actions qui partent en fumée, de capitalisme qui valse en quenouille, de néolibéralisme nu, de manif nationale en France, d’"ultra-gauchistes" apparentés terroristes que d'aucuns voudraient tous au frigo, de crise mondiale, et de sommet de Davos sourire en berne, j’avais envie - une fois n’est pas coutume - de republier un post précédent. Une petite chansonnette, qui prend un petit peu d’épaisseur avec ce beau bordel…

 

Les révoltés du Bounty









Les révoltés du Bounty

En ont marre des sucreries

Caramels mous et Compagnie

C’est fini!

 

Les révoltés du Bounty

Ont voté pour l’anarchie

Les trésors de pacotille

On oublie!

 

Sur cette galère

Ils vendront cher

Leur audace à la Fletcher

Et sur la grande vergue

Ce sera l’grand soir…

Pour tous les capitaines Bligh

De bazar

 

Les révoltés du Bounty

Vont bouter l’feu à la vie

TV, dollars et mise à prix

On recommence tout

Qu’on vous dit!

 

Les révoltés du Bounty

Ont mis l’cap sur New Délits

Les faux prophètes, les faux amis

Seront à fond d’cale pour la vie!

 

Sur cette galère

Ils vendront cher

Leur audace à la Fletcher

Et sur la grande vergue

Ce sera l’grand soir…

Pour tous les capitaines Bligh

De bazar

 

Les révoltés du Bounty

En ont marre des sucreries

Caramels mous et Compagnie

C’est fini!

 

Les révoltés du Bounty

Ont voté pour l’anarchie

Les trésors de pacotille

On oublie!




















Les com's déjà reçus
lors de la publication en juillet 2007:

PS: à siffloter sur une petite 'zique que vous ne manquerez pas d'imaginer, genre "l'aventurier ;-)

Commentaire n° 1 posté par alf le 20/07/2007 à 23h05

 

Sympa la nouvelle présentation

Commentaire n° 2 posté par Pas perdus le 22/07/2007 à 19h01

 

 

merci !

Réponse de alf le 23/07/2007 à 09h04

 

"Les révoltés du Bounty"... -lol- Quelle est donc cette révolte qui sourd ? Vers où souhaites-tu galérer, voguer, vaguer ?

 

Ils sont de toi ces jolis mots ?

Commentaire n° 3 posté par juliana le 24/07/2007 à 00h48

 

hello juliana, woui dis ils sont de moi of course! pour le sens, à chacun d'y lire entre les lignes ... il y a suffisemment de révoltes potentielles à ferrer en ce bas monde non? mais bon, le "Bounty" en question fait évidemment aussi référence au célèbre chocolat à la noix de coco... voilà un indice... ;-)

Réponse de alf le 24/07/2007 à 09h21

 

J'aime beaucoup le new look et son contenu également. Je dois avoir l'esprit un peu tordu parce que j'ai fait 'amalgame entre les 2 "Bounty" tt de suite. 8-)

Je n'ai pas tout compris, je l'avoue, j'ai juste senti qquechose et ça coule bien (si je peux dire ;-).  Tu as décidément des talents que je ne soupçonnais pas mais que j'aurais pu deviner avec un peu  plus de jugeotte.

Well done, Mr Alf et félicitations!  ;-)

Commentaire n° 4 posté par Vefga le 25/07/2007 à 16h44

 

 

Hé-ho Hé-ho et une bouteille de rhum alors ;-) ! merci miss Vega, ça fait plaisir  venant de toi, qui parfois navigue (avec talent, toujours)   dans les eaux tumultueuses des mots chantés et de la rime ...

Réponse de alf le 25/07/2007 à 17h55

 

J'avais très bien compris le "méli - mélo" de Bounty... d'où ma question : "Quelle est donc cette révolte qui sourd ?"
Et y avait-il autre chose à comprendre ?

Commentaire n° 5 posté par juliana le 25/07/2007 à 21h31

 

oui... ou non... c'est selon... ;-)

Réponse de alf le 26/07/2007 à 09h12



Par alf
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Mardi 4 novembre 2008

Il est des jours ou le cœur est léger, l’esprit vagabond, l’œil pétillant. Je dirais même plus : chafouin. Des jours ou l’on a envie de sautiller dans la rue en souriant bé(a)tement, même aux pires tronches de cake croisées sur le chemin, quitte à se faire traiter de débile ou d’imbécile heureux, et ça sans sourciller. Des jours trop rares où le cours du Monde, après un long fleuve intranquille, tellement prévisible en ballotements, en glissements vers le toujours pire, laisserait poindre un « je ne sais quoi » d’inattendu, de positif, de joyeux. Enfin.

 

Ca faisait une semaine que je pensais aux USA, aux élections, à la tête d’Obama qui rit et à celle de Robocop-McCain qui pleure, ou du moins qui aurait ce sourire encore plus figé que d’habitude. Celui du perdant.

 

Bien sûr, il serait encore temps demain, de revenir sur Terre, de se demander ce que signifie vraiment être un Démocrate américain, pour nous Européens. Et jusqu’où ça impliquerait que la politique US allait changer - pour eux et pour nous -, avec un Obama devenu président. Mais après huit ans de Busherie, comment oser faire la fine bouche ?

 

Et puis il y avait cette chanson qui me poursuivait, qui me trottinait joyeusement en tête depuis des jours. Cette chanson des Beatles, dont j’avais légèrement déformé les paroles : « Obaldi-Obama, Life goes on, Oooooh ! Laaaa-la-lala Life goes on ! » Pas leur meilleure pour sûr. Même limite neu-neu, avec une mélodie presqu’aussi benêt et lourdingue que du Status Quo... Mais bon, pourquoi, là encore, faire la fine bouche ? Ca rimait, c’était joyeux et ça durerait le temps que ça durerait…

Par instinct et par curiosité, je suis quand même allé jeter un œil au bouquin de Steve Turner intitulé « L’intégrale Beatles - le secret de toutes leurs chansons ». Et j’y ai lu ceci : « Paul entendit pour la première fois les mots « Ob-La-Di, Ob-La-Da » dans la bouche d’un joueur de congas nigérian, du nom de Jimmy Scott (…) Il était renommé pour ses expressions : « il les utilisait à toute heure du jour » (…) « Il appartenait à une tribu Yorumba, et si vous rencontrez un Yorumba, il vous dira que Ob-La-Di, Ob-La-Da veut dire ‘Life goes on’ (la vie continue) ».

 

J’étais content. J’avais quand même réussi à trouver un petit lien entre Obama et cette chanson : l’Afrique ! Obama allait gagner, pour sûr. C’était un signe ! D’ailleurs, n’avais-je pas un jour prédit, des semaines avant tout le monde, l’élection de Julien Doré à la Nouvelle Star ? Je vous le dis, sur les trucs importants, je ne me trompe jamais !

 

Trêve de plaisanterie,concluons : après l’interminable interlude du Neu-neu US number one, Georges Dobbelyou Bush, je vous invite tous à faire  « Fingers crossed » et à chantonner avec moi et les Beatles : Ob-la-di…

 

Yep, la vie continue aux USA… Demain.

Par alf
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Samedi 27 septembre 2008

Je me souviens de ce dessin de Vuillemin dans feu le magazine Zero, il y a un peu plus de 20 ans: Pologne, 1942. Des déportés attendent d’aller « à la douche », dans un camp de concentration; à l’entrée, un garde chiourme crie à la cantonade : « Savons!… Profitez de la promo : un Deutschmark! ». Un dessin qui fit légèrement scandale à l’époque. Pourtant, quel raccourci éminemment lucide sur la « chosification » des êtres et la marchandisation des « choses ».

Il y a quelques jours, alors que le monde apprenait que l’Etat américain - les citoyens donc - allait devoir éponger 700 milliards de dollars de dettes laissées par les banques (*), assureurs et cie; des dettes qui, si on fait le compte, sont autant de drames humains bien cachés derrière des chiffres - c‘est pratique les chiffres pour flouter les drames humains - arte diffusait un documentaire sur une histoire… de trains. De trains et de dettes. On va y venir aux dettes, parlons trains d’abord.

Il y était question de la participation des sociétés de chemins de fer hollandaise et française (la SNCF en l’occurrence) à la « solution finale ». Une histoire occultée longtemps mais qui, petit à petit, avait fini par émerger. On y répétait, bien sûr, tout le zèle qu’avaient mis certains fonctionnaires français et hollandais pour permettre que des trains partent à l’heure, remplis d’enfants juifs et d’adultes, vers des destination que la plupart (desdits fonctionnaires) semblaient feindre de ne pas connaître.

Mais le cynisme ne s’arrêtait pas là. Une importante paperasserie comptable conservée avait permis aux historiens de connaître le prix d’un juif pour un aller simple Drancy-Auschwitz ou Amsterdam-Birkenau. Dieu merci, je n’ai pas la mémoire des chiffres. Mais en florins et en francs français, au bout du compte et en 1944, ça faisait son petit pactole de fric.

Durant cette période, la SNCF ne s’était visiblement pas posé de questions sur l’usage du wagon à bestiaux pour transporter sa… « marchandise »  humaine. Ni de la qualité du transport. Un tiers des usagers n’arrivant pas vivant à destination, quand même. Sauf qu’au bout du compte, 2 mois après la libération de Paris par les Américains, ladite SNCF de l’époque envoyait un courrier de rappel aux autorités allemandes, pour une « facture impayée » ; celle d’un dernier convoi, non « honoré » Une comptabilité en ordre, c’est quand même important, surtout en temps de guerre, non?

On y précisait aussi dans ce film qu’aucune action de la Résistance ne s’était attaquée durant la Guerre à un train de déportés. Pas assez « rentable » faut croire. Je pense à cela car en Belgique, Robert Maistriau vient de passer l’arme à gauche. Robert Maistriau c’était un jeune type de 22 ans qui, avec deux potes, en Belgique, s’était attaqué à un des derniers convois de déportés en avril 43 et participa au Groupe G, à l‘ULB. Chez nous aussi, la Résistance avait jugé ce genre d’action trop dangereuse, insensée. Ben lui, avec ses deux potes, ils avaient attaqué un train, de nuit, avec un révolver et sept balles, pas une de plus. De vrais dingues, quoi...

De ce train parti de Malines et rempli de plus de 1600 juifs, purent s’enfuir 231 personnes, dont une quinzaine grâce à l’action directe de Maistriau et ses deux compagnons. Peu en réchappèrent, au final. Quelques-uns quand même, pourtant. Mais bon, les chiffres... on leur fait dire ce qu’on veut, c’est bien connu, comme diraient nos amis banquiers.

 

 

  (*) pour l'heure, au 29/09, c'est pas gagné...

 

 
Par alf
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Mardi 11 mars 2008
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Dernier exemple pour en finir avec le créneau « quand l’absurde nous fouette la mémoire » (NB: voir les 2 papiers précédents). C’était il y a quelques semaines et Libé s’en faisait écho: « Désolé, nous avons survécu… » était-il écrit sur le panneau de revendication de quelques vieux Israéliens ayant revêtu le pyjama rayé - celui qu’ils portaient dans leur camp de déportation. Ils étaient venus manifester sous les fenêtres de Ehud Olmert, leur premier ministre, pour réclamer… une pension décente. 

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Des survivants dont une étude de l’université hébraïque de Jérusalem estimait en 2005 qu’un quart d’entre eux (ils sont 250.000) vivaient… sous le seuil de pauvreté, alors même que l’Etat d’Israël avait placé la Shoah au centre de la mémoire collective. Un « sacré comble » qui, paradoxalement, fait son petit effet pour raviver le souvenir... 

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Pourquoi je vous parle de tout ça? De l’arbre d’Anne Franck, de la mémoire, de l’absurde et du sens? Du temps et des générations qui se succèdent ? Probablement parce que l’Histoire se répète, indéfiniment. Et que les petits fils d’Ariane qui tissent nos mémoires collectives ont tendance à s’étioler indéfiniment aussi, si on n’y prend garde. C’est comme ça.

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En plus, cette année, on fête les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette Déclaration qui était sensée être notre rempart contre l’horreur absolue et qui a du plomb dans l’aile. On connaît la suite. On a vu la négation absolue de ‘l’humanité’ de l’homme (cette notion qu‘on croyait indéboulonnable depuis les Lumières), répétée sous d’autres latitudes et sous d’autres formes depuis. Le « plus jamais ça » ânonné inlassablement telle une prière a salement sonné « chiqué-chiqué ».

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Je vous parle de ça parce que je lis par ailleurs qu’un quart des Allemands d’aujourd’hui trouvent qu’Hitler « avait ses bons côtés ». 

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Je vous parle de ça parce que, chez nous, notre nouveau ministre de la Défense, Peter de Crem, a décidé il y a peu de supprimer le système de prêt des bus de l’armée qui permettait aux instituteurs de partir gratuitement en voyage scolaire à Dachau avec leurs élèves. Ca « faisait de la concurrence déloyale au secteur privé » paraît-il. Et puis l’armée a d’autres chats à fouetter que d’entretenir la mémoire vive de nos petits écoliers, il faut croire. 

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Je vous parle de ça parce qu’en France, un président de la République croit dur comme fer que la mémoire des êtres, que l’Histoire des drames humains, doit s’inculquer obligatoirement, dans les programmes scolaires, au travers d’un « travail de mémoire » dont on n’aurait gardé que le sens du mot travail. Avec bonnet d’âne à la clef pour ceux qui ne suivent pas. 

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Je vous parle de ça, parce que plus le temps passe et plus le passé semble se rapprocher. Un « privilège » qu’on découvre avec l’âge ;-)... A douze ans, les (rares) récits de soldat-prisonnier de mon grand-père me semblaient à des millions d’années lumière de ma petite planète. De la préhistoire pour ainsi dire. Aujourd’hui, j’ai quelques fois l’impression que ça s’est passé hier.

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Je vous parle de tout cela parce que chaque semaine, l’actualité charrie son lot de petites histoires glaçantes ; glaçantes car de plus en plus « banales ». Pour preuve, cette scène qui s’est déroulée il y a quelques semaines dans un café ayant pignon sur rue à Bruges (en face du Beffroi) : un vieil Américain entre dans l’établissement et commande un café. Il ôte son chapeau, laissant apparaître une kippa sur son crâne. L’homme se fait virer manu militari du café par un serveur. Motif : « Nous ne servons pas les juifs ici, dehors »… Parti se plaindre à la police, personne ne prendra sa déposition (« Pas crédible » lui a-t-on dit).

undefined Alors oui, les arbres meurent, eux-aussi. Mêmes ceux qui sont devenus des symboles. On le sait après tout, c‘est la vie. L’essentiel n’est pas de devoir les abattre un jour parce qu’ils sont trop vieux. L'essentiel est de prendre le temps de les replanter, en rameutant du monde autour et en glissant les graines dans les mains de nos moutards. Ca ne fait pas tout pour la mémoire, mais c’est toujours un bon début.

Par alf
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Mercredi 20 février 2008
undefined Vers 1977, il y eut des punks parmi lesquels d’aucuns (quelques-uns, du moins) arboraient croix gammées, bottes en cuir ou casque à pointe. Pure provoc’. J’étais trop petit pour m'en rendre compte alors. Le seul simili-keupon qui m’a marqué à l’époque c’était notre Plastic « planant » national. 

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Plus tard, quand j’ai découvert le coup des croix gammées, entre épingle à nourrice et crête de coq, j’ai trouvé ça très con. 

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Aujourd‘hui, avec le recul, j’analyse ça un peu différemment. Leur attitude pouvait être lue comme un refus dada de tout ce qui faisait sens pour les adultes. Le ‘no future’ traduisant ici, au travers de l’adoption d’une vieille panoplie fort connotée, le refus du « vieux monde », le fait que plus rien ne disait rien… de juste. C’est ce que Greil Marcus explique dans son « Lipstick Traces (une histoire secrète du XXe siècle) ». Du moins c'est ce que j'en ai compris. Manière peut-être de nous obliger à partir à la quête du sens perdu, de ce sens « glissé ». Sorte de démonstration par l’absurde, en quelque sorte : la volonté de faire table raze du passé nous obligeant à nous rafraîchir la mémoire...

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Plus le temps passe et nous éloigne de la Seconde guerre mondiale, plus les arbres perdent leurs feuilles, et disparaissent. Bien sûr, il reste les témoignages enregistrés, les livres, les documentaires, les films, les œuvres d’art, les camps devenus musées, les manuels d’Histoire et l’école. Mais parfois pointe la sensation que cette réalité-là s’éloigne imperceptiblement et à jamais. 

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Mon grand-père, soldat belge, fut prisonnier en Allemagne après « avoir couru 18 jours » comme dit encore ma grand-mère, mi-ironique, mi-amère. Quand il est revenu, il avait un gosse de 6 ans qu’il ne connaissait pas et qui ne le reconnaissait pas. Ca façonne des vies, forcément. Dans le monde des ados d’aujourd’hui où le virtuel prend de plus en plus le pas sur le réel, est-ce que quelque chose de personnel, de concret, de proche les ramène encore - exception faite de ceux dont l’histoire familiale est balafrée par l’expérience de l’extermination - à ce moment étrange de l’Histoire des hommes?

Bien sûr, pour la mémoire, il y a les cérémonies.

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Personnellement, j’ai toujours eu une aversion pour les cérémonies d’anciens combattants. A part quelques figures emblématiques de vieux résistants qui sont remontés au front quand le feu a repris ailleurs (Cambodge, Rwanda, ex-Yougolsavie, pour ne citer que ces trois lieux de terreur-là), le « plus jamais ça » des porte-drapeaux, répété à l’infini au fil des années sous un ciel de novembre blafard, avec de moins en moins de petits soldats autour de la flamme, m’a toujours paru passéiste, étroit, quasi corporatiste, et relativement aveugle pour les malheurs du monde présent et à venir. En un mot : inefficace. 

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Je préfère les Lazare Ponticelli. Ce vieillard de 110 ans (en réalité italien de naissance, ce qui le rend déjà sympathique comme « Ancien combattant français » ;-) est le dernier Poilu en vie. Depuis qu’il a décidé de l’ouvrir, de raconter, il ne dit qu’une chose : la guerre est une boucherie immonde et des cons nous ont envoyé la faire. ¨Pas facile à gérer le papy, dans un cortège. Mais efficace pour les jeunes, je trouve !

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Pour en revenir au rock, c'est à la faveur du film qui était consacré au groupe que j'ai appris à quoi faisait référence le nom de Joy division : « division de la joie est l'expression donnée par les nazis au système qui autorisait, au sein des camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale l'exploitation des jeunes femmes juives déportées comme esclaves sexuelles (prostituées enrôlées de force) par les membres de l’armée allemande » (lu sur Wiki). 

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Certains ont vu, là encore, matière à jeter l’opprobre sur le rock, la cold wave, Joy Division et son chanteur tourmenté Ian Curtis. Encore une fois, un truc choquant pour les bien-pensants. Mais appeler son groupe « Joy Division », n‘était-ce pas, de façon détournée et provocatrice - mais aussi probablement subliminale, inconsciente, involontaire -, une tentative de réintroduire du sens dans un univers inhumanisé? Une métaphore de l’horreur rapprochant le présent du passé?

L'absurde et la provoc’ au service de la mémoire? Des armes pour garder l’esprit affûté ? Et pourquoi pas...

 

[à suivre...]

 

Par alf
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Lundi 4 février 2008

undefined Hier matin dans ma rue, quatre ouvriers communaux s’acharnaient sur un arbre. Pas un grand: un moyen. Et pas à son avantage, vu que c’est l’hiver. Juste un arbre. Ces quatre types, je n’ai pas pu m’empêcher de les regarder avec un soupçon de méchanceté. Mais bon, en repassant le soir, j’ai vu qu’il en avaient replanté un autre, un tout malingre, à la place. N’empêche, voir un arbre se faire achever, c’est toujours dur. Même si celui-là était sans doute malade. Oui, je suis un peu comme Idefix...

anne_f_2.jpg A Amsterdam, il y a quelques semaines, une histoire d’arbre à abattre a fait la une des journaux. Un marronnier, un centenaire. Un qui avait fait les deux guerres - la première et la seconde - et qui en avait vu depuis. Faut dire, cet arbre, c’était celui qu’Anne Franck pouvait apercevoir du haut de son grenier, là où elle était planquée pendant la seconde, justement, de guerre mondiale. Son dernier lien avec la Vie.

anne_f_1.jpg C’est à Anne Franck, que je dois un des rares souvenirs de complicité partagés avec mon père. Je devais avoir douze ans, et notre paternel avait entrepris de nous lire, tous les soirs, un chapitre du « Journal d‘Anne Franck », à mes sœurs et moi. 


anne_f_6.jpg Je précise qu’on venait de se taper le feuilleton « Holocauste » diffusé sur Antenne 2 - en 79 - et on était un peu comme qui dirait… sous le choc.

anne_f_5.jpg D’ailleurs, avec mes sœurs et mes petites voisines, avec qui on avait l’habitude de jouer à « Daktari », à « Drôles de dames » (oui, je jouais Bosley) 

annef_4.jpg ou à « l’Homme qui valait trois milliards » (non, je ne jouais pas Steve Austin, elles ne voulaient pas les garces…), on avait entrepris de rejouer… « Holocauste »... Un peu comme une thérapie de groupe j’imagine. C’était en plein hiver et on avait allumé des tas de vielles bougies pour faire plus vrai. D’abord dans le grenier, sous les poutres en sapin, 

anne_f_7.jpg puis dans la cave (because ça caillait trop là-haut), près des produits inflammables. Je vous dis pas la gueulante, le jour où les parents ont découvert ce qu’on trafiquait…


anne-f-10.jpg Pour en revenir à la lecture du Journal, au-delà des jolis yeux bruns d’une toute jeune fille qui ont ému le jeune gamin que j’étais alors, je me rappelle l’émotion vécue au travers de son récit raconté à la première personne. La beauté d’âme de la demoiselle. Et puis le récit de la peur, de la haine raciale et l’incompréhension face à l’horreur. L’Horreur avec un grand H comme dans Histoire.

anne-f-9.jpg Il y a quelques semaines quand les pelleteuses se sont approchées du marronnier centenaire d’Anne Franck pour l’équarrissage fatal, l’affaire a provoqué un tollé. Il faut dire que l’arbre était depuis longtemps classé monument historique. Cela n’avait évidemment pas empêché la pollution et le temps de faire leur travail de sape. Mais les boucliers se sont levés de part et d’autre pour sauver « l’arbre d’Anne Franck ».

anne_f_8.jpg L’affaire de l’arbre m’a fait repensé à tout ça. A « Holocauste », à « Au nom de tous les miens », autre série vue quelques années après. Puis un autre souvenir m’est revenu : mon père, tombant sur ce qui me servait alors de cartable (à douze-treize ans), un sac américain en toile de jute kaki où j’avais dessiné les logos d’AC-DC et de KISS au gros marqueur. 
anne_f_3.jpg Mon paternel, côté rock’n roll, il s’était arrêté à Brassens, plutôt fondu de cantates de Bach et autres concertos pour orgues de Haendel. KISS donc, dont il m’expliqua, un peu consterné, que les deux S dessinés comme ça sur mon cartable évoquaient la… Waffen-SS. Pour l’heure, j’avais pas su quoi lui répondre, évidemment… Je savais même pas à quoi ils ressemblaient les KISS (!) alors vous imaginez, la Waffen-SS…

[à suivre...]


Par alf
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Lundi 5 novembre 2007
l-union-fait-la-force.jpg Depuis quelques heures, le record de Belgique est battu. Je veux parler du record de Belgique de « Plat-pays-qui-est-le-mien-sans-gouvernement-fédéral ». 148 jours au compteur. Soit mieux que lors des élections de 1987 pour la formation du gouvernement Martens VIII. On a les records qu’on mérite.


Depuis mon précédent billet d’humeur sur ce sujet brûlant (voir ici), les choses ont un peu évolué, il est vrai. Se sont succédé, avec pour mission de préparer le terrain en vue de la constitution d’un gouvernement national : un informateur, un explorateur, un animateur, un spéculateur, un démineur, un gentil organisateur, un rouspéteur, un mauvais marieur et un jambon-beurre (liste à peine fantaisiste)… Résultat des courses? L’Orange bleue est toujours le schéma gouvernemental à l’ordre du jour et… « on avance… » dixit Yves Leterme, redevenu l‘homme-orchestre sous le titre de formateur cette fois, de tout ce bazar. Mais rien nous dit qu’on va arriver quelque part.


Pour nos amis d’Outre-Quiévrain et d’ailleurs (si il y en a?) qui me font l’honneur de lire ces quelques lignes, précisons que l’Orange bleue n’a rien à voir avec Paul Eluard ou même Tintin (si ce n’est un vague clin d’œil peut-être) : il s’agit de nommer ainsi la coalition en vue (en vue, si vous avez de bons yeux), fruit de relations rapprochées (et contre nature?) entre le CdH, parti démocrate humaniste (et francophone = les ex-cathos décathoïsés) et le parti libéral (MR), ainsi que de leurs homologues néerlandophones.


Enfin, « relations  rapprochées », c’est justement là ou ça coince. Mais me direz-vous, finalement, le problème de la Belgique c’est quoi? Moi je vous le dit : c’est un problème… sexuel. Rien que ça. Mais oui: on ne baise plus assez dans ce pays! Du moins, entre le Nord et le Sud. Et dire que notre devise est « L’union fait la force »!

Explications. Qu’est-ce qui s’est passé, entre nous depuis les élections du 10 juin dernier? le dossier BHV, le problème communautaire, les menaces de séparatisme…Bref, l’impasse, le blocage total. Si Ménie Grégoire rappliquait de sa retraite, elle vous le dirait : les Francophones et les Néerlandophones ont joué durant des semaines… à se faire peur. Comme dans un vieux couple. Un couple qui fait toujours « lit commun », mais… qui ne baise plus. Alors forcément, ça crée des tensions.


Du coup, quand la Belgique a vraiment été sous le feu de l’actualité, lorsque les caméras et les micros de nos voisins se sont tendus vers nous - de TF1 à CNN quand même - , on en a rajouté une sacrée couche. « Madame » a menacé « Monsieur » de se barrer en emmenant les enfants, « Monsieur » a menacé d’aller voir ailleurs après s‘être bourré la gueule en solo. Vous voyez un peu le genre? Comme dans les scènes de ménage qui ne se font rien qu’en public. On s’invective, on s’insulte sans pudeur devant le reste de la famille et… ça fait du bien. Tout le monde autour est sous le choc… sauf Madame et Monsieur, qui ont usé de cette catharsis pour pouvoir se supporter encore un peu, un peu plus longtemps... 


Résultat, nos voisins - français et autres - ils ont commencé à flipper, à faire les gros titres sur la fin de la Belgique, à nous renvoyer l’image d’un couple en pleine séparation - et pas à l’amiable en plus! - et donc à nous inciter à réfléchir vraiment sur ce cas de figure jusque-là fantasmé, alors que finalement, c’était qu’un scénar de plus un peu vicieux, pour raviver la flamme de façon désespérée, une scène de ménage de vieux couple frustré où le dialogue ne peut plus s’exprimer que par l’invective ou la provocation parce que… « ça » ne baise plus! Et le pire, le grand clash final, le divorce avec ou sans garde alternée, n’est plus tabou, ni même à exclure.


Nos « vieux » hommes politiques, flamands en tête - les De Croo, les Eyskens, les De Haan - vous le confirmeraient volontiers : avant, on se parlait, on se fréquentait, on se connaissait. Aujourd’hui, sauf exception (on connaît une idylle entre un libéral du Nord et une socialiste wallonne, si si!), la « jeune génération » des hommes politiques du Nord et du Sud fraye de moins en moins avec ses homologues flamands ou francophones, et quand ils ne parlent pas entre eux, ils parlent avec… leur GSM, ou leur PALM. Bref, dans les négociations plus personne ne s’écoute, ne se connaît et on finit par ne plus voir chez l’Autre que sa différence. Ca n’aide pas. Il faut donc apprendre à 
se redécouvrir…


Bon, évidemment c’est facile à dire, je ne suis pas Ménie Grégoire ou le Doc’ et je n’ai pas le truc pour sortir de l’impasse. Quoique quelques suggestions quand même… Des pannes d’électricité provoquées régulièrement au Parlement, lors de négociations de nuit ? Des stages d’échangisme et de tantrisme sexuel pour les partenaires de l’Orange bleue, organisés sur la frontière linguistique ou même à Val-Duchesse? On y enverrait Yves Leterme, Joelle Milquet, Bart Somers, Laurette Onkelinx (et quelques autres socialistes, on sait jamais), Didier Reynders, Olivier Maingain, Brigitte Grouwels…, plus tous ceux qui souffrent de séparatite aiguë, Bart De Wever en tête. Avec obligation de résultat, bien sûr. Ben voilà, si on peut aider…


Car enfin, il faudra bien se remettre sous la couette ensemble dans pas trop longtemps : il y a un nouveau Traité européen à signer en tant que « Belgique » et il semblerait que ce n’est pas le genre de point à classer dans les « Affaires courantes » à l’agenda de notre ancien gouvernement, qui vivote encore de temps à autre. Ca a pourtant l‘air d‘en étonner certains (qu‘il faille un vrai gouvernement pour voter la gestion commune européenne de demain)... Avec tout ce bordel dans notre couple, ils en avaient presque oublié que, Flamands, Bruxellois ou Wallons, on était quand même tous embarqués dans la même Europe. Et qu’il fallait la faire. Dingue, non?

Par Doc' alf
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