vu-à-la-télé'land


Samedi 11 octobre 2008 6 11 10 2008 07:33


Chez Picouly,
Point de coupe au carré,
Encore moins de shampoing vigoureux.
Mais il vous passera volontiers
La pommade et la brosse à reluire.
Hier soir, c’était Houellebecq et BHL
Qui se faisaient gicler la brillantine
Pour un lustrage en règle de la
Touffe médiatique

Bernard-Henri Lévy:
 - La notoriété? Elle
m’a prise par derrière et par surprise… Sincèrement!





Michel Houellebecq:
- En France, on peut même plus fumer dans les lieux publics, pfff…
- En Thaïlande par contre, je ne me refuse jamais une petite pipe, même en rue.

Par alf
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 10 2008 09:18

« Sitôt qu'on est plus de quatre on est une bande de cons », chantait Brassens. Ce mercredi au Palais des académies à Bruxelles, douze hommes se sont mis à table. Six flamands et six francophones. Douze + deux, en fait, si on tient compte des deux ministres des réformes institutionnelles. Des hommes, des vrais, des forts, des types qui vont s’affronter à la loyale. Pour discuter de l’avenir de la Belgique, tout simplement.

Notez, j’ai pas dit « Douze salopards ». Et j’ai pas parlé de « mission suicide » non plus. C’est juste la souris institutionnelle accouchée après des mois de tergiversations et des montagnes de coups de gueules, d’œillades malveillantes, de testostérone linguistique lustrée au postillon francophone ou néerlandophone (*).

 

Notez encore : pas une seule femme choisie pour discuter de l‘avenir de ‘l’homme belge‘…


Hier soir sur la RTBF, trois hommes à table aussi. C’était il y a quarante ans, le 6 janvier 69 : Brel, Ferré, Brassens + un intervieweur. Un homme, encore : François-René Cristiani. Quatre donc. Le compte est bon. Des bières, des clopes, une pipe, un nuage de fumée… Mais là encore, pas une seule femme à l‘horizon. Ou plutôt si, derrière ce film documentaire « Brel, Brassens, Ferré, trois hommes sur la photo », signé par Sandrine Dumarais. La réalisatrice a voulu faire revivre cette rencontre née à l‘époque dans la tête d’un journaliste pigiste de Rock & folk, et qui reste un moment fort, quatre décénnies plus loin.

 

Trois héros, trois zorros, trois anars patentés, et trois… misogynes ? C’est-ce qu’on a souvent entendu dire à propos de cette rencontre: que les trois lascars s‘étaient lâchés comme des ados boutonneux ou de bons petits machos facétieux. D’ailleurs, lorsque l’intervieweur leur demande : « Et que pensez-vous de La Femme ? », s’ensuit un grand silence, puis un long éclat de rire, partagé !


Mais après quelques circonvolutions gênées, Brel rattrape, à sa manière, le coup: « On est tous les trois trop féminins pour apprécier follement les femmes… ». Réécoutant la bande son, quarante ans après pour les besoins du film, Juliette Gréco pouffe de bon coeur. Et au final, elle lui donne – elle leur donne raison.


Reste à souhaiter que les douze cités plus haut auront eux aussi, pour les mois à venir, un petit quelque chose de féminin dans le cœur, au sens brelien du terme... On pourrait même imaginer qu’ils aient vu ce documentaire, et qu’ils en garderaient également un peu de passion sans calcul, un poil de souffle libertaire à mille lieues de l‘esprit de chapelle, voire qui sait, un zeste de fraternité? Mais là je m’emballe : ces gens-là sont politiciens, pas artistes. Ne leur en demandons pas trop.

 

 

(*) Entendu ce matin sur les ondes de la RTBF:

 

« Si tous les Mongols parlaient flamand,

Et bien la Flandre serait bien petite, non ?… »

 

...dit avec le sourire par le Grand Jacques

A propos des querelles linguistiques,

du chauvinisme, etc.  ;-)…

(c) photos de Jean-Pierre Leloir

Par alf
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 06 2008 12:17

Il est trois heures du matin. Réveillé sans espoir de rejoindre Morphée avant longtemps, la Nuit me conduit dans le rêve blanc de Jean-Louis Etienne. Largué au milieu de nulle part : il se laisse porter sur une plaque de 2 mètres d’épaisseur à la dérive dans l’Océan arctique. Les motivations scientifiques de l’aventure ? Certes, il y a la dérive. Apprécier les errements de la glace, au jour le jour, recueillir un peu de krill, là-bas sous la banquise avec une épuisette. Des trucs comme ça. On y croit, juste ce qu’il faut.

 
En attendant, l’homme est là, pour trois mois, dans et autour de ce petit cocon métallique de quelques mètres carrés, déposés par un hélico russe, avec de rares bagages. Et un chien. Deux ou trois instruments fixés à plusieurs mètres d’intervalle autour de l’habitacle donnent un peu de perspective au grand drap blanc froid qui habituellement existe parfaitement sans point de repère aucun, si ce n’est quelques concrétions bleutées par la lumière.

 
Jean-Louis Etienne raconte. Il parle à la caméra comme si quelqu’un était réellement présent dans l’habitacle. La solitude poussée à l’extrême réclame parfois un break, un peu de chaleur humaine ; sa propre voix peut alors faire l’affaire. Dehors, le chien refuse d’entrer dans sa petite cahutte : il en a semble-t-il… peur. L’’aventurier a sans doute hérité du seul chien de traineau couillon dans tout le secteur du Grand Nord. Un médor qui évite même de le suivre lorsque l’homme s’aventure trop loin du campement.

 
La tectonique des glaces déclenche parfois de drôles de crissements, une inquiétante petite musique. Sur cet archipel mouvant, aucune frontière n’est sûre, la dérive est permanente, la géographie se redessine sans cesse au gré des courants.

 
Il y a aussi l’ours blanc. Attendu, redouté. Mais qui ne viendra jamais. Un matin, c’est un oiseau qui apparaît. Jean-Louis Etienne s’écrie comme un enfant : l’oiseau, l’oiseau ! Le chien, lui, ne voit pas le volatile. Décidément…

 
La Nuit blanche de l’explorateur est en réalité une journée sans fin. Le soleil là-bas ne se couche pas. Jamais. Seuls le vent et la neige offrent parfois la pénombre. Coupé du monde l’explorateur écoute néanmoins la radio, parle même régulièrement avec d’autres humains. Mais dans ses grands yeux bleu creusés, on sent aussi poindre le blues, au fil de sa dérive volontaire.

 
Alors il sort, il marche jusqu’à la rivière née quelques heures auparavant de l’écartement de deux morceaux de banquise. Et là, il s’accroupit pour écouter la musique : le joli bruit du clapotis de l’eau qui barbotte. Comme un disque d’Edgar Froese, en live. Le bonheur, simplement.


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Vendredi 30 mai 2008 5 30 05 2008 17:15

Je me souviens d’elle dans un documentaire consacré au film de Theo Angelopoulos, « Le pas suspendu de la cigogne », sorti en 1991. La caméra la suivait sur le lieu du tournage de ce long métrage, en Grèce. Dans une séquence, elle se confiait sur sa vie, tout en vaquant à ses occupations.

Affairée dans sa loge, elle continuait à répondre aux questions de son intervieweur, quand à un moment et le plus naturellement du monde, elle releva sa jupe et enfila lentement ses bas noirs, sans fausse pudeur, sans gène aucune, et sans provocation non plus, mais avec beaucoup de sensualité. Comme au cinéma. A  63 ans…

 

Hier soir, elle était en direct sur le plateau de Taddeï, pour parler cinéma forcément. Je l’ai croisée par hasard et j’ai vite déposé la zapette au pied du canapé. Happé par ce regard droit, ces pupilles intenses, cette voix doucement éraillée si particulière, les pommettes saillantes et creusées, et ce sourire simple et franc qui visiblement faisait frétiller l’animateur.

 

Jeanne Moreau parlait ciné et on l’écoutait. Mais pas que de cinéma. Parce que, forcément, quand on parle de films, on parle de la vie, de ce qui fait vibrer, des autres qu’on essaie d’apprendre et de comprendre. Avec les mots choisis qui coulent aisément, elle raconte. Elle dit « baisable » quand c’est le mot qu’il faut, elle parle du plaisir, des femmes, de ses envies, de ses refus, et de ses choix aussi. Elle a refusé le rôle de la femme adultère dans « The Graduate », finalement joué par Anne Bancroft, non pas parce que le personnage se tapait un petit jeune (« Toute ma vie, j’ai eu des amants plus jeunes que moi… »), mais parce que cette mère trompait sa fille.

 
Elle répond à Taddeï : « un acteur ne fait pas carrière, ce sont les hommes politiques et les financiers qui font carrière ; j’ai l’impression de vouloir faire des progrès durant toute ma vie ». Sans artifice, sans séduction calculée, Jeanne Moreau, les yeux plissés qui lui font parfois encore ce sourire de petite fille, un regard clairvoyant, tolérant, le cœur d’une grande dame et ce désir toujours à fleur de peau. Intemporelle.

 

 A revoir, ici (NB : je vous conseille aussi l’extrait de Eva (1962), à la minute 27:30)

Par alf
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Lundi 8 octobre 2007 1 08 10 2007 17:21
el-che-tv.jpg « Ernesto Che Guevara, le journal de Bolivie ». 
Pour le trentième anniversaire de la mort du Che, en 97, je me rappelle avoir vu ce film, carnet de route d’un combattant : les dernières heures
du révolutionnaire, dans le maquis bolivien, évoquées au travers d’extraits du carnet personnel du Comandante. Autant de mots chaloupant entre les sentiments d’un homme pris au piège. La volonté et le doute.  Le tout rendu par la voix de Jean-Louis Trintignant. Un film poignant et d’autant plus fort qu’il montrait le petit village de La Higuera, situé à quelques lieues de sa capture, 30 ans après son passage. Là-bas, pas grand-chose n’avait changé... J’ai en mémoire ce dénuement, cette poussière triste suintant le long des ruelles du hameau. Je me rappelle de la cruauté de cette fin tragique, mais aussi de ce fossé séparant une poignée de combattants aguerris, au discours révolutionnaire total, face à des paysans préoccupés de survivre et de ne pas avoir d’ennuis, point barre. 
 
 
Que serait devenu le Che s'il avait (sur-)vécu? Comment vivrait-il ? Où serait-il ? Que ferait-il ? Comment regarderait-il ses années de lutte, le sang versé ? Aurait-il déposé les armes pour faire autre chose ? Aurait-il plié son fusil ? Ferait-il la révolution autrement ? Jouerait-il aux échecs avec le sous-commandant Marcos ? Cigare contre pipe, béret contre passe-montagne ? Comment regarderait-il le vieux Castro accroché à son pouvoir comme à sa chaise roulante ? Serait-il devenu comme lui ? Que lui resterait-t-il de son esprit de révolution, de ses idéaux? Que dirait-il de ces marchands du Temple qui se sucrent sur son dos ? De ces gamins qui arborent des colifichets à son effigie sans plus rien savoir de son parcours, ni de son discours ? Serait-il devenu un has been s’il n’était pas mort en héros ? Participerait-il à une télé-réalité pour retrouver un peu d’audience ? …Ou se serait-il déguisé en candidat bon teint pour mieux dynamiter MTV de l’intérieur ?
 
Un compte-rendu du documentaire « Ernesto Che Guevara, le journal de Bolivie », ici : Mediamuses


Par alf
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Mardi 31 juillet 2007 2 31 07 2007 20:05

Dans La Chute de Camus, le personnage principal fixe chaque jour rendez-vous à un compatriote rencontré par hasard dans un bar, au cœur d‘une ville batave, brumeuse et froide en automne; une ville faite de canaux - Amsterdam - pour se livrer à une drôle de confession.

L’autre nuit, marqué par l’insomnie, j’ai croisé par deux fois les méandres des canaux de la ville hollandaise. Ce dédale où le héros de Camus, Clamence, vient à la fois se donner et se perdre.

La télé, lieu par excellence où l’on vient se confesser… briller parfois, et aussi se perdre.

La première histoire partait d‘Amsterdam. Elle contait l’aventure d’un jeune Hollandais aux yeux bleu et à la barbe d’alors plutôt hirsute, épris de liberté et avide de chanter. C’était en 1965. Un matin blafard, le jeune garçon qui avait lu « Sur la Route » de Kerouac, prend le chemin du port pour monter sur un voilier et quitter ce pays sans doute trop étriqué à son goût. Alors, il suit les canaux et dérive jusque Liège en Belgique, où il prend sa guitare et tend sa casquette en quête de quelques piécettes. Début de l'aventure.

Dave, puisque c’est de lui qu’il s’agit, dans l’exercice difficile du parcours initiatique raconté à la première personne du singulier, et que l’on retrouve, en 2000 ou quelque, sur d’autres canaux - vénitiens ceux-là - entrain de chanter, guitare en bandoulière devant un café.

Sa tentative d’y jouer tel un parfait inconnu marche tellement bien qu’il fait presque fuir les touristes, en mal de tranquillité, ce qu‘il prend plutôt à la rigolade... Ou l’histoire d’un ‘Singing Dutchman ’ homo un peu décalé, promenant, sous son éternelle mèche blonde, un regard à la fois ironique et sympathique sur la vie et sur ses contemporains. Une histoire de désir et de quête de liberté.

Plus loin dans la nuit, la seconde balade ramenait les insomniaques de mon genre à Amsterdam, via un détour par l‘Inde et l‘Angleterre. Cet autre parcours, initiatique également, fut celui d’une enfant devenue aujourd’hui une jeune femme.

Une « initiation », mais imposée cette fois. La jeune réalisatrice Maroesja Perizonius , née en 1971, signe avec La mère, l'enfant et le Guru, son premier film d’auteur. A Amsterdam, elle eut une mère très cool, très baba, qui vivait d’amour, de hashich et d’expériences diverses.

Une mère qu’elle choisit d‘interroger, 25 ans après, sur cette vie en communauté qu’elle fit « partager » à sa fille dans un ashram du mouvement Osho. Images hallucinantes de moustachus en transe et de pulpeuses en extase devant le Maître, Bhagwan, Le saint patron pour quelques paumés occidentaux.

Une secte donc, plutôt du type bien con, vu d’ici de l‘écran. Banale, presque. D’époque, dirait-on. Avec la panoplie classique : manipulation, mensonges, mise au travail forcé des enfants, séparation des parents d’avec leurs enfants, l’amour « libre » comme une obligation et les dérives classiques du genre : la petite Maroesja, treize ans, initiée aux choses de l’amour par un bien plus vieux qu’elle, sous un beau prétexte spirituel.

25 ans après, cette belle jeune femme tend le micro et la caméra à sa mère, sans animosité, sans piège, juste pour savoir… Savoir si elle savait. Juste pour entendre des mots. Même pas des mots comme « erreur », « scandale », « dérive »… Juste sans doute pour entendre le mot « pardon » sortir de la bouche de sa mère, revenue de tout cela, et revenue elle aussi vivre à Amsterdam. Un mot qui ne viendra jamais. Un mot qui, pour sa fille, aurait pourtant ressemblé à un petit voilier trouvant enfin la sortie vers le large.

Par alf
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 07 2007 18:41

Par deux fois, ces derniers jours, le cabotage à vue que je pratique devant ma télévision - guidé par une triste boussole qu’on appelle zapette - m’a fait croiser le chemin de Mireille Dumas. J’ai un vague souvenir des débuts de Mireille Dumas à la télé, cette manière très prometteuse d’aborder les gens, d’entrer dans leur sphère privée sans pour autant tomber dans le voyeurisme. Assez vite je pense, j’ai déchanté. Le Dieu audience, l’arrivée de la télé-réalité, me semblent avoir rapidement nivelé par le bas ce que son (ses) émission(s) laissai(en)t augurer. Soit.

Mireille, elle recevait comme d’hab’ un plateau varié, avec des bons clients télé, des gens qui ont la tchatche, qui ne se démontent pas quand on les interrompt, qui aiment tenir le crachoir, qui n’hésitent pas à déballer devant des millions de gens leurs douleurs intimes (et même parfois leurs problèmes d’hémorroïdes - mais on reste dans les douleurs intimes là, non?). Ce soir-là, ça parlait fric & famille, pour le coup. Pas passionnant. Mais un truc gênant me fait tiquer: la présence parmi les autres intervenants d’Alain Soral, bel écorché vif d’un côté mais aussi la nouvelle plume d’un certain… JM Le Pen.

Ben oui. Mais faut croire que pour la majorité des gens il ne « porte pas (encore) trop à droite ». C’est un peu comme si la reine des popotes, Maïté, après avoir découvert l’antisémitisme d’un Céline, l’invitait quelques semaines plus tard dans son émission « Plats du terroir » pour causer chablis ou patés de campagne. Je sais, comparer Soral à Céline, fallait oser. Mais c’était juste pour la démonstration. Pour le reste, je n’ai pas lu les bouquins de Soral (et très peu Céline d’accord… je le concède). Vérification faite: c’était une rediffusion d’une émission de septembre 2006 semble-t-il, donc bien avant qu‘il vire sa cuti officiellement. Soit.

Ce malaise s’est poursuivi ensuite, because madame Dumas s’est fait inviter avec ses caméras à St Tropez chez Brigitte Bardot. Et c’est là que l’intervieweuse commence à m’énerver : cette manière de regarder cette dame d’un âge respectable dans les yeux, de vouloir lui tirer les émotions du nez, les confidences du cœur et de la mémoire… et d’évoquer les histoires qui fâchent aussi, MAIS! … tout en évitant de poser les questions qui feraient que BB pourrait lâcher ses chiens, façon « attaque Gunter!!! », ce genre de truc.

Je veux évidemment parler des propos qu’on pourrait qualifier - au minimum - de « provocants » sur les musulmans et leurs "pratiques barbares" avec les moutons et tout le passif de ses déclarations précédentes sur plein de sujets (elle a sorti il y a quelques années un livre de souvenirs où elle dénonçait notamment « l’islamisation de la France »); propos abordés par Mireille Dumas mais avec tellement de miel autour qu’on se dit au bout du compte : «  pourquoi on la fait ch… cette brave BB hein, elle est soupe-au-lait mais elle est sympa, non? ». Ou quand la télé participe d’un certain « estompement de la norme » comme on dit en Belgique. Soit.

Puis l’autre soir, je retombe sur la mère Dumas face à un homme. Juste en tête-à-tête. Le grand dégingandé s’agite, transpire de malaise, frotte systématiquement la paume de sa main droite sur la mini-table rouge écarlate qui lui sert de pupitre, comme un enfant. Un enfant à qui on vient de dire en face et avec le sourire - un sourire quasi maternel, celui de Mireille Dumas - « qu’on a bien compris son petit jeu »… et « que ce n’est pas grave ». Il sue, il fixe de ses grands yeux bleu celle qui le pousse au bout de sa propre logique, qui l’oblige à tomber le masque. Ce masque si pratique : l’homme manie le verbe tel un jongleur, il peut tenir en haleine des salles entières et à la télé c’est plus qu’un « bon client ».

Mais là, pour le coup, il a trouvé plus fort que lui: une Mireille Dumas, reine de la maïeutique people, qui arrive à lui faire cracher le morceau. Ou partie du morceau. Cette douleur interne qui le brûle et qui permet de comprendre son parcours, ce refuge dans le verbe, ces manières d’entourlouper la vraie vie et les sentiments, pour y échapper.

Et là, je me dis: quelle Mireille quand même, cette Mireille. Presque prêt à lui pardonner Bardot pour ce moment de télé assez unique: avoir vu ce jour-là, sous un jour nouveau, le visage de Fabrice Luchini.

Par alf
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Samedi 21 avril 2007 6 21 04 2007 13:41

La scène est irréelle. Chirac entouré d’un mur de types de la sécurité du ministère de l‘intérieur, eux-mêmes entourés d’un autre mur de policiers. Au bas mot, 100 types autour du président et de sa cour. Faut dire, côté murs, ils en connaissent un bout en Israël. La scène se passait il y a presque 12 ans, en 1996. Le président français en visite officielle à Jésuralem avait souhaité visité la partie Est de la ville, occupée par les Palestiniens. Sans tout le tin-touin sécuritaire habituel, avait-il demandé. Pour « rencontrer la population ».

Pour l’heure, c’était raté. Le voilà, accompagné de quelques huiles de la diplomatie française et suivi par une troupe de journalistes parisiens, dévalant tant bien que peu, les ruelles - quasi désertes - de la vieille ville. Enfermé dans un nid de type armés, oreillette en éveil, doigt sur la gâchette. Pas moyen d’avancer, bousculade du président, des journalistes. Et pas un Palestinien à l’horizon ou presque. Mais Chirac, lui, il veut serrer des pinces, regarder droit dans les yeux ces gens qui vivent sur cette Terre, leur montrer qu’il veut les aider, « faire quelque chose ». Et puis, c’est l’incident, irrité, excédé, Chirac attrape le responsable de la sécurité par le veston et lui assène dans un anglais approximatif: « It is a provocation !You want me to go back to my plane? That’s what you want? ».

C’était l’autre soir dans l’émission « Un jour, une heure » sur France 2. En gros, ce qui pourrait apparaître comme un jeu politique classique entre un gouvernement israélien aux aguets - qui craint le geste, la parole, l’image d’un président français soupçonné d’être trop pro-Palestinien et un Chirac venu pour montrer que la France a toujours son mot à dire en Terre Moyen-orientale. Une tentative de faire un coup, d'un côté, une tentative de sabotage, de l'autre. Mais à y regarder de plus près, l’équation apparaît beaucoup plus simple. Les Israéliens on probablement tout bêtement faire leur job: protéger le président français. Comme ils font d’habitude quand ils s’aventurent en « territoire hostile », la peur au ventre, près à affronter le pire, l‘attentat, le tireur isolé. La peur, l’angoisse, élevé comme principe de survie, comme philosophie du quotidien.

L’autre soir , j’ai dans la foulée revu un bout de « Bowling for Columbine », de Michael Moore, rediffusé suite au massacre de qui on sait aux States. Parti en excursion de l’autre côté de la frontière, au Canada, on voyait un Moore interviewant un flic local sur le peu de tentatives de meurtres à mettre au compteur de la terreur municipale. Le type avait du mal à se rappeler quand il y avait eu une véritable fusillade, « un mort oui, l’an dernier je crois… ». Les statistiques étaient assez parlantes sur le nombre d’incidents avec armes à feu au Canada, comparé aux USA. Malgré le fait qu’il y avait autant d’armes en circulation au Canada, que les Canadiens adorent la chasse, etc. Encore plus dingue: personne ne fermait sa porte à clé là-bas la nuit… Incompréhensible pour un Ricain de base. Et même, pour nous, Européens, non?

A vrai dire, j’avais complètement oublié où le réalisateur poil-à-gratter avait voulu en venir. Et pourtant, j’avais déjà vu son film. En réalité, il démontrait par l’absurde que ce qui chevillait au corps un Américain de base, c’était… la peur. La peur de l’autre.

Bon où je veux en venir, moi? Ben dimanche on vote en France. A quoi ça sert un président de la République? Bof, bof… Parfois à remettre les pendules à l’heure tout simplement. A calmer le jeu, à permettre le dialogue quand il est depuis trop longtemps terrassé dans une gangue de méfiance, de haine et de peur… Comme ce jour là à Jérusalem. Alors, je croise les doigts… pour qu’un Sarko aux discours simplificateurs, aux tentations simplistes, aux convictions empruntes de la méfiance de « l’autre », des autres, ne l’emporte pas.

 à (re-)voir : http://www.youtube.com/watch?v=vsBV9DmakPg

 

Par alf
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