Le Nosfell du midi
Ce midi, je m’échappe du bureau pour aller flâner chez le disquaire… Une succursale d’un grand réseau, va-t-on dire. Mais un magasin à taille humaine.
Le garçon qui tient boutique aujourd’hui ressemble un peu au grand Duduche, en plus petit et en plus jeune, avec une paire de bériques digne de Robinson Crusöé; à savoir genre « cul de bouteille ». Il a la démarche dégingandée et se donne des airs de mec sérieux, de p’tit gars un peu loubard aussi, mais ça ne marche pas. Je le trouve marrant et sympa.
La musique qu’il a choisi de passer dans le maga’ ne manque pas d’éveiller mon attention… et de m’étonner: dans cet antre du disque à consommer (Starac’ et autres CD R’n B’ en frontstage), il nous passe du… Nosfell, l’auteur d’un disque improbable. Rien que le titre attire ou fait fuir: « pomaïe Klokochazia balek ».
J’avais tout de suite accroché quand je l’ai découvert en télé il y a quelques mois. Cette manière schizophrénique de passer d’un registre vocal à un autre, de nous conter des histoires dans une langue inventée, en passant d’une voix rocailleuse à celle d’une petite fille… Cette manière de mélodie psalmodiée. Bizarre, intriguant, énervant mais beau.
Ca m’a rendu le P’tit Titi bruxellois encore plus sympathique. Je me suis dit que les patrons devaient pas si souvent passer vérifier « si tout allait bien », si tout était dans le moule. Une petite île de liberté flottant au milieu d’un océan marketing, une petite TAZ auditive, comme ça, en passant.