Ne pas s'arrêter, regarder et continuer

D’abord il y a le piano, la ritournelle.
On pense à l’Italie, la petite musique en boucle qui fera la jolie chanson. Tout bête, mais entêtant.
Bientôt on ne pourra plus s‘en passer. Un truc à empêcher Richard Clayderman de bien dormir pour des années.
Puis arrive une guitare, qui se signale d’un court riff lent, et plombé. On sent que ça va pas être si drôle. « Tu vois comme l’on s’amuse mon ami » chante pourtant la voix, fatiguée, amère, qui s‘insinue. Ö ironie…
Surgit la batterie. Elle a décidé que ça ne se passerait pas comme ça. Elle ne veut pas d’une chanson triste et lasse. Même si les paroles penchent pour le contraire. L’amitié qui s’use, qui fout le camp. Les enfants, le travail, les responsabilités… L’égoïsme, le confort, le conformisme. Le manque de temps, d’attention, d’éveil.
La batterie, elle, en a décidé autrement. Quitte à la jouer parallèle et autiste. Alors elle va en faire des tonnes pour ne pas s’arrêter, pour regarder là-bas au loin devant, et continuer. Elle entraîne petit à petit les guitares qui s’énervent et qui piquent en vrille.
Ca bug un quart de seconde et puis ça repart, plus vite encore. En fait, elles sont deux les batteries, à se déchaîner pour tirer le morceau vers un ailleurs plus confiant. Donner l’énergie de l‘espoir. Entre les deux, le chanteur tiraillé. Non ci badar, guarda e passa…