Robert Plant et le tapis magique

Publié le par alf

Il est arrivé au milieu de la scène. A ses pieds (nus probablement, mais j’étais trop loin pour voir), le tapis d’Orient fétiche. On attendait donc de le voir décoller - et nous avec - vers les (Manic) Nirvana de l’Ether sonore. Le décollage fut lent.

Il faut dire que le public de l’AB, hier soir, était plutôt genre « paresseux ». Entre trentenaires bien tapés (dont votre serviteur) et jeunes soixantenaires, trop soucieux d’entendre pour la 3478e fois le Kashmir du Zep’. Robert en avait décidé autrement. Et c’est très bien comme ça.

 

Faut dire aussi qu’il n’avait pas simplifié les choses, le beau blond. Sa version plombée et sépulcrale de Twenty-nine Palms tanguait plus du côté morbide de la Force que vers les Cieux étoilés. A ce moment-là, on se disait que le feu sacré était en train de partir en cendres. Et puis… Qu’est-ce qui fait qu’à un moment, vous sentez la lévitation vous picoter la plante des pieds ?

 

 

 Soudain, le Plant est là, telle une Macrâle celtique, crinière virevoltante. Les mains en arabesques. Les fantômes occultes du Zeppelin vous traversent l’esprit. La mélopée vous prend. Les métissages Nord-Sud vous happent entre riffs de guitares telluriques et voix de notre muezzin d’un soir, qui incite à la transe. L’impression d’être au cœur du chaudron magique, sur le tapis volant qui décolle. Enfin ! Avec Robert, la fée Morgane et les esprits du désert marocain. Et on tourbillonne de plaisir…

 

 

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Publié dans music'land

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