All you need is...
LOVE!
Imaginez Wendy et ses frères qui, une nuit étoilée, se font la belle avec Peter Pan. Direction? les studios d’Abbey Road. Là, la ribambelle ouvre les armoires et les coffres-forts. Ils libèrent toutes les bandes sonores de tous les albums des Beatles (comme ils ont tout gardé chez EMI, il y en a un paquet…) et les garnements s’en servent comme serpentins. La nouba dure toute la nuit. Par la fenêtre débarque soudain Mary Poppins, qui gronde son petit monde, mais pas trop. Elle replie son célèbre parapluie et, après avoir distribué des caramels à tout le monde, lance son imprécation magique: « Beatlescalifragili-sticexpialidoceous!! ».
Là, le miracle se produit: les bandes audio commencent à se délier, à danser comme des serpents à sonnettes dans un vacarme énorme. Les milliers de mélodies et de sons - couplets, refrains, chutes, bings, bangs, tchac-boum-hue, trompettes, violons, bruits du vent capté sur le toit d’ABbey Road, impros, « one, two, three, four », les voix de Paul, George, Ringo et John se croisent et se bousculent pour reconstituer les morceaux originaux (près de 200 quand même)...
Manque de pot pour les puristes, Mary sortait justement d’un ‘tea time’ avec George et John et un drôle de type - un dentiste non conventionné qui écoutait en boucle Lucy in the Sky… Et disons que le thé avait comme un petit arrière-goût psyché… Résultat? Les morceaux ont repris forme, certes, mais pas exactement comme dans les albums initiaux.
Au final, ça donnerait l’album « LOVE », celui qui sort justement aujourd‘hui et que je me suis empressé d‘acheter fissa-fissa rapido, anda! Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiong… tel le bip beep dans un dessin animé de Tex Avery.
Dans le rôle de Mary Poppins? L’illustre Sir George Martin, assisté de son fils, Giles, jouant la ‘fée clochette‘, qui serait branchée sur les quatre de Liverpool. Cet album est la bande-son d’un spectacle né dans la tête de Guy Laliberté, un des fondateurs du Cirque du Soleil et de George Harrison, rencontré… sur un circuit automobile. L’ex-producteur des Fab four, George Martin, et son fiston Giles, ont ensuite mis trois ans pour réaliser ce bijou. Choisir les morceaux d’abord, tout réécouter ensuite. Tout remixer enfin. Or certains morceaux ont nécessité (lors de leur enregistrement initial) plus de 70 prises…
Au total : un genre de ‘Sergent’s Martin fully heart club band’, composé de 26 morceaux choisis, qui s’enchaînent telle la bande-son d’une aventure musicale, humaine et culturelle. Une aventure qui aura révolutionné le XXe siècle. De nouveaux mixes donc, avec des versions alternatives (une des premières prises, tout en douceur, de While my guitar gently weeps par exemple), des versions qui enchaînent les parties issues de prises différentes… Des enchaînements qui font le lien entre des chansons écrites à plusieurs années d'écart… Des sons de studio ajoutés, etc. De la complexité et de la simplicité. Comme ce glissement magique entre Blackbird et Yesterday.
George Martin et son fils, avec la bénédiction de Paul et de Ringo, ont sur réaliser un vrai nouvel album des Beatles, qui résumerait 9 ans d’aventure commune. Un peu comme la version audio de notre inconscient collectif concernant les Beatles. Rien que ça, oui.
Courez les amis, courez acheter cet Ovni tout de suite: faites rouvrir le magasin même en pleine nuit, invitez vos voisins - la fille du palier que vous n’avez jamais osé draguer - et même les deux vieux du troisième qui vous font parfois un peu chier aussi : « all you need is.. LOVE! ». Mettez la galette dans le lecteur CD, ouvrez les fenêtres et envoyez à fond la musique : 78, 51’ de bonheur total et absolu. Et rendez-vous au plafond avec une tasse de thé amélioré...