From Goa to L.A. - Sur la Route... des Gitans

Publié le par alf

Depuis quelques jours (tous les soirs à 20h15) arte propose de repartir sur les traces des hippies. Cette incursion quotidienne vers l’Asie nous emmenait ce soir à Goa, haut lieu hippie par excellence et au cœur de bien des fantasmes, toujours. L’Inde… d’où il y a mille ans partaient pour un périple en sens inverse des milliers de gens, surnommés depuis les « Gens du voyage » : les Gypsies, les Rroms, les Tziganes.

When the roads bends (Gypsy Caravan) est le second film de la réalisatrice américaine Jasmine Dellal. Ce documentaire d’1h52 sorti en salles retrace un périple d’un autre genre encore: il conte le chemin parcouru par une bande de Gitans musiciens, aux travers des États-Unis en 2005. Où comment cinq groupes issus des quatre coins de l’Europe (Fanfare Ciocarlia et Taraf de Haïdouks de Roumanie, Antonio El Pipa d’Espagne, Esma Redzepova, la « Reine des Gitans » de Macédoine) et de l’Inde (Maharaja) se retrouvent à vivre 6 semaines ensemble pour donner des concerts devant des parterres d’Américains plus que conquis.

Ce film-puzzle relève plusieurs paradoxes. Il nous donne d’abord à voir la diversité des Roms au travers de leur(s) musique(s) mais aussi de leurs histoires (personnelles ou collectives)… et nous montre dans le même temps leur étonnement face à… leur propre diversité! D’abord on s’observe, puis on s’apprivoise, et puis se créent les affinités électives. Avec de belles rencontres humaines et musicales en perspective...

Le film nous renvoie aussi à nos propres contradictions, nous les Blancs, les gadjés: d’un côté la peur de ces nomades « voleurs de poule » (à un moment dans le film, on lit les mots de mise en garde griffonnés par un touriste dans le livre d’or de l’hotel où sont descendus les musiciens : « je n’aime pas leur regard. Dieu protégez-nous des Gitans! »), de l’autre cette espèce de quête de l’esprit gitan, cette liberté qu’on allait chercher à Goa il y a 40 ans et qu’on hume de moins en moins de par chez nous.

Les Gitans eux, ne semblent pas « rêver d’Amérique ». La liberté, ils la pratiquent tous les jours. Et ils savent quel prix ils ont payé (et payent encore) pour l’avoir. Le film d’ailleurs fait des allers et retours entre la tournée et les lieux où vivent tous ces musiciens et où l’on apprend à mieux les connaître. Eux, l’histoire de leur peuple (le génocide nazi est évoqué lors de la séquence en Macédoine), ou les méandres de certains parcours chaotiques (drogue, pauvreté, abandon).

On suit aussi au fil de ce récit, les derniers moments de Nicolae Neascu, l’une des figures les plus attachantes du Taraf de Haïdouks, le grand-père fanfaron, toujours prêt à rappeler qu’il est le chef, toujours prêt à trousser le premier jupon qui passe… mais que l’on découvre également souffrant de solitude, chez lui, parmi de ses proches, dans son village. Revenu pour son dernier voyage à Clejani, il y décèdera peu de temps après. Une mort « fêtée en grandes pompes », à coups de violon et d’accordéon, et où les larmes qui coulent le long des joues des musiciens nous en disent sans doute bien plus encore sur cet esprit gitan que l’on cherche éperdument, nous les gadjés, tels des égarés.

La bande-annonce du film: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18702266&cfilm=88163.html

 

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Publié dans music'land

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M
alors,saura tu reconnaître cette jeune femme à forte personnalité?<br /> http://www.dailymotion.com/daylightpeople/rona/video/x1cadk_bate-vintul-frunzele-rona-hartner<br /> boalé,j'arrète!<br /> @plus
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A
Yes! Rona Hartner... la scène (dans Gadjo) où elle et lui (Duris) se draguent en s'assénant des grossiertés... Intense ;-) ! Il y a du feu dans cette fille
M
Salut Alf! (re)<br /> Je te mets un petit lien sur les "fils du vent sans pays"<br /> http://filsduvent.oldiblog.com/<br /> il y à plein d'infos sur la vie des tsiganes,le vocabulaire,l'histoire,la musique...c'est très intéressant à mon avis.<br /> Latcho drom!(bonne route)c'est aussi un magnifique film sans paroles mais avec beaucoup de musiques de Toni Gatlif)
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A
chouette! quelle documentaliste tu fais dis donc ;-! Pour ma part, il y a le film avec Romain Duris, "Gadjo Dilo"...  ce jeune parisien qui part en Roumanie sur les traces d'une chanteuse... Magnifique. Me redonne la pèche chauqe fois que je le vois.
J
Merci Alf. Très bel article. Bien sûr, il n\\\'était pas éternel, mais cela me fait de la peine d\\\'apprendre la mort de Nicolae Neascu, parce que j\\\'apprécie beaucoup les Taraf de Haïdoucks, et qu\\\'en effet, son visage m\\\'est familier et le seul que je reconnaissais... J\\\'aimerais beaucoup le voir ce film...
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A
Ce film m'a donné envie de revoir "le Temps des Gitans" de Kusturica qui, je pense, vient de ressortir en DVD
J
Trés Bien le reportage de Arte sur les hippies.
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A
salut Crassou : oui, la suite demain à ne pas rater...