Yigal Amir, who remember?
En fouillant dans une vieille caisse de papiers perso, je retombe sur ce truc: Libé, 07/11/95. Il y a 10 ans. Un article découpé, une photo que j’avais recadrée, et agrandie à la photocopieuse. Cette bouche, ce sourire. Et ce déséquilibre qui... tire vers la droite. Mon titre: « La satisfaction du travail accompli ». La légende du Libé précisait: « Yigal Amir, hier à Tel-Aviv, escorté au palais de justice ».
Qui se souvient de ce type, de son nom et de son crime…? Moi je me souviens de son visage de playboy, de ses cheveux gominés, avec la petite kipa et, surtout, de cette esquisse de sourire qui accompagnait un regard fuyant vers le vide… Un « sourire de la Joconde » qui aurait pu devenir une icône; une icône parmi d’autres - comme le regard halluciné de Charles Manson - du mal incarné. Un sourire tombé dans l’oubli des images, comme des milliers d’autres petits signes qui nous passent sous les yeux et qui, après leur quart d’heure « de gloire » finissent aux oubliettes de nos mémoires.
Yigal Amir, vingt-sept ans, fils d’un écrivain public également rabbin, et d’une institutrice, venait d’abattre Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien, quelques jours auparavant.