Je me souviens... Putain d'camion

Publié le par alf

Je me souviens de la mort de Coluche. Ce jour-là, j’étais désespéré. Comme on peut l’être à 18 ans quand on vient d’être fraîchement plaqué... Première vraie passion amoureuse. Et puis, le coup de poignard. Je naviguais donc depuis trois semaines sur des eaux noires et sombres, hésitant entre l’exil, la cure de sommeil perpétuelle et l’entrée dans une grotte du Kashmir oriental pour un stage de méditation transcendantale, histoire de soigner mon âme en perdition… Et puis, l’annonce des journaux: la moto, le putain d’camion. Trop con.

Ce jour-là, la dépression a commencé à faire place à la colère, au sentiment de révolte. Le Luron avait passé l’arme à gauche quelques mois auparavant. Maintenant Coluche, le poil à gratter de la 5e République, l’homme des Restos du cœur, le bouffon magnifique. « C’est toujours les meilleurs qui s’en vont », expression-bateau qui prenait platement tout sons sens...

Ce jour-là, en pensant à Coluche et à sa bête mort, j’ai eu l’impression que la Fête était finie. Ma naïveté proactive avait pris un coup dans l’aile. Je devenais un peu un adulte. Mais ça m’a fait relativiser mon chagrin d’amour: «y a des choses plus graves dans la vie »… Et j’ai commencé à me sentir mieux.

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Publié dans actu' land

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