Goutte que goutte

Publié le par alf

Le bonhomme racle, flegmatique. Il racle le pare-brise de sa camionnette stationnée en face de chez moi. Il racle, avec précision, lentement, de haut en bas, puis de bas en haut, comme pour faire un beau pare-brise, propre et sec. Sur sa tête, il a consciencieusement noué un sac en plastique Delhaize pour protéger sa chevelure. Le reste du corps, lui, est trempé. Dehors, il pleut des cordes. Mais, raclette en mains, notre homme continue son travail, imperturbable, méthodique. La scène dure quelques minutes, le temps de faire le tour de toutes les vitres. Jugeant sans doute son œuvre terminé, il finit enfin par s’éloigner. Quelques secondes plus tard, il revient, ouvre la portière, reprend ses clefs oubliées sur le tableau de bord et s’éloigne à nouveau, sans même prendre la peine de fermer la portière à clef… La pluie, elle, a repris possession du pare-brise. Les gouttes s’égayent joyeusement, sans même un regard pour cette ombre qui se noie dans l‘horizon improbable de la rue.

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Publié dans Poètes de la rue

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M
braaavoo
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J
C'est ce qu'on pourrait appeler un instantané ! Bravo !<br /> Juliana
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A
"Plic-plac-ploc, écoutez la plui-euh!"