Jeanne’s addiction : sweet melodie

C’était il y a quelques jours, en sortant de la dernière consultation d’avant le Jour J, chez la gynécologue. En nous raccompagnant, elle nous dit : «ah… au fait, si vous voulez, vous pouvez amener un CD… » Ca faisait neuf mois qu’on s’y préparait, mais franchement, on n’avait pas songé un seul instant à… la musique. Bien que tout avait commencé en rythmes, bien sûr, neuf mois plus tôt. Et pas que pour ce que vous pensez; j’avais évoqué ce petit moment ici (« Beat goes on » ).
Alors, lequel? On s’est réunis, elle et moi, un jour avant le jour J, autour de la chaîne Hi-Fi, nos disques à portée de bras…. Un rapide regard sur ma collection de disques et la conclusion s’imposait: impossible d’accoucher par césarienne sur un vieux Led Zep III, un Back to Black, le Jeff Buckley ou encore bon vieux Nick Cave ou Tata Sinead. Non, rien de tout cela ne convenait. Tous les trucs en accord mineur, les blues, les bleus à l’âme métamorphosés en accords et en rimes…tout ce que j’aime… Non.
Alors, quoi? Un truc en douceur, pour sûr. On a quand même tenté le folk-pop avec Clannad: trop triste; la world avec Boy Ge Mendes et sa morna cap-verdienne: pas mieux… Et puis « les carnets d’emeraude », le disque de l’émission zen du dimanche nuit sur Classic 21 : avec les petites phrases bouddhistico-ésotériques sussurrées par l’animateur, on a eu peur de passer pour des admirateurs appartenant à une secte. Du jazz? Sarah Vaughan? Pas mal, mais… trop vite enjoué et un peu hors propos. Du classique? Mozart, Haendel, Bach? Trop pompeux ou emphasé pour la circonstance. Du lounge? Si c’est pour commencer sa vie dans le fadasse… Bof-bof. Le « Watercolors » de Pat Metheny? Trop intello.
Et puis ma main est tombée sur cette compil, achetée 1,5 euro un jour de pluie sans doute, presque par hasard. Un disque avec une fille en string sur la pochette. Et là, la lumière fût. Aux premiers accents de Carlos Jobim, de Baden Powell et de Giberto Gil, on le tenait notre disque ! Elle est donc née un vendredi avec l’aube, dans le doux cocon sonore de mélodies brésiliennes: Bossa Nova, belle comme la vie. Bienvenue au monde, sweet little baby!
PS : la maman, l’enfant (et le père) se portent bien!