Bruce Chatwin et les chemins de traverse

Publié le par alf

Il est des livres qu’on a du mal à investir. Non pas que l’on n’ait pas envie de les lire, bien au contraire.

Ils sont comme des objets emballés dans du papier cadeau que l’on va délicatement entrouvrir pour pioche ça et là quelques mots, à l’aveuglette. Comme autant de petits cailloux qui nous indiquent les directions possibles. On en escalade les contours comme un Liliputien sur la tranche d’un iceberg.

 

On ne va pas plus loin. La peur, de voir trop vite arriver le mot fin? Alors on les prend en mains, on les manipule, on en caresse furtivement la couverture, on relit pour la quatrième fois le résumé inscrit au dos. Et puis on les repose, en se promettant d’y revenir pour, cette fois, commencer à la page 1. Mais dans son for intérieur, on sait pertinemment qu’on attendra encore un peu avant d‘y plonger vraiment...

 

En papillonnant dans les rangées de la librairie Tropismes le week-end dernier, je suis tombé sur un de ces livres-là. « Anatomie de l’errance » est son titre. Un intitulé aux contours charnels, qui augure un texte sculpté ou peint, le regard et l’œil d’un plasticien des mots. A vrai dire je n’en sais trop rien, j’imagine et je rêve.

 

Tout ce que je sais c’est qu’il rassemble des textes qui oscillent entre réalité et fiction, ceux d’un écrivain journaliste né à Sheffield en 1940 et mort à Nice 48 ans plus tard. Un voyageur pas vraiment immobile, tenté par l’exotisme, l’exil, le secret et la renonciation. Un déraciné volontaire dont j’avais vu un portrait intriguant il y a quelques années - sur arte sans doute - et probablement bien après minuit.

 

Pour l’heure, j’en ai déjà trop dit. Il est temps d’aller rôder autour des aventures de ce voyageur insolite. La lecture, ça sera pour plus tard.

[à suivre…]

 

 

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Publié dans somewhere'land

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