Le Dania à l'index

Publié le par alf

Cet homme - un Dania d’Indonésie - n’est pas victime de la lèpre. Il s’est lui-même coupé le bout des doigts pour marquer - et conserver dans sa propre chair - la trace de l’absence. A chaque décès d’un parent proche, il pratique de la sorte.

Comme le disait Pierre de Vallombreuse, l’auteur de la photo, si d’aucuns trouvent la coutume barbare, lui, le Dania, ne comprend pas vraiment comment, par exemple, à l’autre bout de son monde à lui, la réalité d’Auschwitz a pu être conçue et planifiée par des Blancs.

 

Cette main amputée de phalanges est aussi une métaphore : celle de la menace qui plane sur des millions d’êtres humains de par le monde; une menace de disparition pure et simple des peuples indigènes. Depuis 20 ans, Pierre de Vallombreuse parcourt le globe pour figer sur pellicule les visages de ces populations fragiles qui, du fond de leur jungle, subissent les effets de la globalisation (la rentabilisation à outrance de la forêt), les discriminations, et toutes ces jolies choses que la civilisation leur a apporté.

 

Si vous faisiez partie de la tribu des derniers insomniaques de la nuit, il y a quelques heures, vous avez peut-être entendu le photographe évoquer dans « Les mots de minuit » (France 2) la réalité de ces hommes et femmes qu’il a eu le privilège de rencontrer.

Expo au Musée de l’Homme - Palais de Chaillot jusqu’en mai 2006. Superbe livre aux éditions Flammarion.

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Publié dans vu-à-la-télé'land

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