L'Hôtel au banc vert et au chat gris
A la Belle époque, l’architecture de la Côte belge reflétait un certain art de vivre, le farniente des gens riches, une conception particulière du bonheur proche de l’Art déco. Quelques décennies plus tard, il en reste quelque chose. De belles maisons, souvent bien entretenues et rénovées, de délicieux petits jardins trop bien arrangés, avec pleins de fleurs aux couleurs vives…
A La Panne aussi on les trouve, ces villas aux noms tellement probables: « Villa Beau séjour », « La Sirène du Nord », « Villa Les Mimosas »… Il suffit de s’aventurer à quelques centaines de mètres de la digue, vers l’intérieur des terres. Parfois, certaines donnent l’impression d’être abandonnées.
Parti tôt le matin pour faire quelques croquis, je tombe sur un petit hôtel qui eut son heure de gloire. Désert semble-t-il, comme la Ville a ce moment-là de la journée. Juste à l’entrée, ce banc de branches en ciment, typique d’une époque où la nature inspirait encore les artistes. Et où les bancs aussi pouvaient être de petites œuvres d’art.
Un banc au vert fatigué, un peu bancal aussi, mais tellement beau que je sors mon crayon et ma boite d’aquarelles que j’étrenne pour l’occasion. Première tentative donc (merci de votre indulgence). D’autant plus qu’un chat tigré surgit soudain d’un fourré et vient se frotter à ma main qui dessine. Impossible et de s’attarder sur les détails et de croquer la bête qui ronronne à qui mieux mieux... Sur le collier de la demoiselle puisque s’en était une, le nom de l’hôtel.
Il n’était donc pas à l’abandon.