Oh ! vois voltiger les fumées

Publié le par alf

 

photo: REUTERS / AHMED JADALLAH

« Sept attentats » en Inde dit la radio ce matin. Il y a 15 jours, des amis sont partis vers Bombay pour un voyage en train, bus, rick-shaw… Mal réveillé j’allume fébrilement la télé en quête d’infos. Je tombe sur les images d’Euronews en… espagnol. Bâtiment complètement explosé, corps démantibulés, panique que l’on lit sur les visages…

 

Bizarre tout de même comme ces Indiens ne ressemblent pas à des Indiens… Normal, on est à Gaza. Ce que je vois n’a rien à voir avec les attentats de Bombay. Il s’agit tout simplement du xeme épisode du feuilleton israélien de l’été intitulé sobrement « Pluie d’été ». Ben oui, ils auraient pu l’intituler : « Il faut sauver le soldat Gilad ». Non, ils ont préféré le petit vent coulis, la petite brise rafraîchissante, l’image poétique. Mieux que « Tempête du désert », non? J'imagine que des Séguéla locaux ont planché sur la chose? Vive le marketing militaro-politique...

 

Peut-être ont-ils même pensé au poème de Victor Hugo, dont je vous livre un petit extrait?

(…)

Oh ! vois voltiger les fumées
Sur les toits de brouillards baignés !
Là, sont des épouses aimées,
Là, des coeurs doux et résignés.
La vie, hélas ! dont on s'ennuie,
C'est le soleil après la pluie. --
Le voilà qui baisse toujours !
De la ville, que ses feux noient,
Toutes les fenêtres flamboient
Comme des yeux au front des tours.
(…)

(Victor Hugo, « Pluie d’été », tiré de Odes et ballades, 1828)

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