SMS... comme Sado MasoS
Le garçon a le sourire un peu coincé. Il se gratte nerveusement les cheveux, probablement pas habitué à s’exprimer dans un micro. Il lance ses mots, ses poèmes ou sa prose, devant un public agglutiné et chauffé à blanc.
Le garçon grimace, s’arrête, se reprend. Les mots se font plus hachés, le sourire grinçant. Mais il persévère… Les vingtenaires qui le regardent et l‘écoutent - des bobos en devenir plutôt propres sur eux - sourient, s’amusent, gesticulent, crient. Et envoient des SMS.
« A sept, ça mord. A huit, c’est comme mille petites épingles qu’on vous plante dans la peau. A neuf, on a l’impression que les épingles entrent et sortent à toute vitesse et à partir de dix, ça devient extrêmement désagréable, je dirais même critique. A partir de onze ou de douze, c’est comme si on vous fouettait avec du barbelé incandescent. »
Le but du jeu? Lui faire comprendre que sa poésie est naze ou pas terrible. Et qu’il ferait mieux d’arrêter. Alors, à chaque SMS, l’artiste en herbe se prend des volts. Des décharges qui lui arrivent direct dans le corps via le standard téléphonique, grâce à des électrodes. Jusqu’où tiendra-t-il? La foule n’a pas l’air d’aimer ce qu’il a à dire ce soir... Trop nul: prend ça! Et si tout le monde s’y mettait?
Mais l’artiste en herbe, c’est lui qui décide: « il arrête quand il veut ». Ca doit être ça le libre arbitre poussé à l’extrême.
C’était jeudi soir, un reportage dans « Tracks » (arte) intitulé « Ils ont mal et ils aiment ça ».
Ps: ce papier, comme en écho à celui-ci: http://chroniknroll.over-blog.com/article-3676834.html